Départementales : la France à la croisée des chemins

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Tribune de Paul Ducay

Le grand gagnant de ce premier tour des élections départementales est l’abstention. Suivi par le vote blanc, et le score jamais atteint du Front National.

Quoique indignés, pour beaucoup, des résultats de ce soir, nous pouvons nous permettre de penser qu’ils serviront de leçon aux libéraux vendus et aux sociaux-traîtres qui, par leur politique, ont participé au désœuvrement collectif et à l’expansion du Front National.

Main dans la main, l’UMP et le PS trahissent les idéaux républicains français au profit d’un égalitarisme liberticide pour les uns, d’un libéralisme anti-égalitaire pour les autres. Si les deux camps s’approprient les valeurs de liberté et d’égalité pour les confronter l’un contre l’autre, ils brisent dans un même élan la valeur de fraternité qui constitue le socle de ces mêmes valeurs.

En effet, la cohésion nationale s’effrite; l’individualisme grimpe et dissout les traditions locales et le vivre-ensemble au profit d’une France urbanisée et américanisée, dont l’Etat aménage le territoire selon des critères strictement économiques de compétitivité. Un nouveau fédéralisme se dessine: la République, jadis une et indivisible, se morcelle en zones grises et en duchés du grand capital. Les repères sociétaux s’effondrent et les soi-disant progrès dessinent devant nos yeux effarés (et impuissants ?) la dystopie du Meilleur des Mondes.

Les lendemains sont incertains tant aux niveaux écologique, économique, social, culturel, moral; les agriculteurs, derniers témoins du pays réel et de la vieille France, sont étouffés dans cette mondialisation néo-bourgeoise dont le laboratoire est l’Union Européenne aujourd’hui.

Ce vaste désenchantement, qui condamne les plus faibles et les jeunes issus de l’immigration à l’anomie, génère ses propres démons: la tentation vers les idées ou les mouvances religieuses et politiques les plus radicales…

La crise est bel et bien une réalité ; cette crise est multiforme: elle n’est pas seulement économique. La France se métamorphose et nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins, au carrefour d’enjeux et de questions très importantes.

C’est aux français, en bons citoyens, de choisir la destinée de leur patrie; et chaque jour l’alternative patriote et sociale semble apparaître comme la plus prometteuse pour les Français.

Réjouissons-nous des mouvements patriotes indépendants et républicains qui nous proposent l’alternative aux partis médiatiques habituels. Réjouissons-nous des listes issues de la société civiles, indépendantes des partis et des machines électorales. Proposons aux élus de la nation de faire renouer leurs politiques avec les principes d’autorité et de transmission ! Ayons la volonté de transmettre l’héritage national et les valeurs républicaines, ayons l’audace de préparer une véritable écologie humaine au service de la conservation d’un patrimoine écologique et culturel. Les représentants du peuple ont également le devoir d’assumer l’héritage helléno-chrétien de la France, car l’on ne prépare point l’avenir en abolissant le passé. Ils ont le devoir de protéger les français, et d’immoler les intérêts partisans et proprement individuels pour retrouver leur véritable devoir: servir le peuple et garantir la paix.

La République laïque, démocratique et sociale, fille historique de la catholicité*, doit plus que jamais s’engager dans un écosocialisme local et rassembleur qui fera des générations futures le terreau d’une France millénaire et renouvelée, émergée des eaux rouges du sang de nos ancêtres sacrifiés pour l’idéal de la patrie républicaine humaniste, fédératrice de toutes les forces vives de la nation pour la constitution d’une cité juste.

Note :

*J’entends par catholicité, les valeurs chrétiennes sécularisées et laïcisées, intériorisées par la « France charnelle », dont se sont nourris les philosophes des Lumières. Erasme lui-même parlait déjà de « philosophie du Christ ». La charité étant une des trois valeurs théologales de la scolastique chrétienne, ce n’est pas par hasard si la République Française se distingue des républiques anglo-saxonnes: la culture républicaine française est traversée par un héritage helléno-chrétien.