Discours du Général Don Juan Domingo Perón devant les délégués du Congrès Général Constituant du Parti Péroniste

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Messieurs :

En  première lieu, j’ai l’immense joie d’avoir la satisfaction de pouvoir saluer tous les hommes réunis dans ces moments présents  et le fait de sentir le soutien de votre représentation des forces politiques qui appuient notre œuvre et notre travail dans toutes les sphères de la République. Je le célèbre, messieurs, parce que nos forces avaient constitué jusqu’à présent, et spécialement durant les joutes électorales du 24 février, ce que j’appelle plus ou moins « une guerre d’indépendance » une force soutenue par l’enthousiasme et la décision d’une organisation. Et je le célèbre avec véhémence, parce que désormais nous soumettrons à la majorité qui nous a donné cet enthousiasme et ce résultat qui devra être décisif pour : la réorganisation.

Messieurs : Plusieurs fois j’ai pensé que ce mouvement que nous considérons salvateur pour la nation avait besoin d’être consolidé dans le temps et dans l’espace. De cette consolidation nous pouvons espérer l’accomplissement de tous les postulats qui nous ont portés peu à peu aux réalisations que, avec tout l’effort et en vainquant toutes les difficultés, nous sauverons; en évaluant aussi l’enthousiasme et la décision de cette organisation, qui est encore assez primaire à l’intérieur de l’ordre institutionnel.

ÉTAPE DE L’ORGANISATION

J’ai toujours pensé que pour les mouvements du type comme les nôtres procurent, à l’intérieur du panorama national, la pérennité relative qu’ils nécessitent pour être utiles, ils doivent suivre les étapes de regroupement des masses dans un sens organisationnel; c’est-à-dire, en passant de la première étape, qui est en général grégaire dans tous ces mouvements, à l’étape de l’organisation, et de celle-ci à l’étape de consolidation, parce que ces mouvements ont l’habitude de se fragmenter et ne se complètent pas dans le temps et dans l’espace avec la mission qui leur est recommandée.

Pour cela j’ai aussi dit plusieurs fois que ce mouvement que nous représentons qui maintenant s’appuie derrière un homme se transforme peu à peu pour se placer derrière un drapeau et derrière l’idéal. De cette façon nous lui aurons donné le sens de la pérennité à laquelle je me suis référé.

Notre mission nous ne pouvons pas l’acquitter dans la courte vie d’un homme. Les hommes passent et les nations ont l’habitude d’être éternelles. En conséquence, en cherchant cette éternité pour notre patrie et la pérennité pour notre mouvement, il est nécessaire que nous l’organisions avec déclarations de principes, avec doctrines parfaitement établies et avec les cartes organiques qui donnent à ce mouvement la matérialisation organique dont il a besoin. Cherchons à lui donner aussi un haut degré de pérennité que nous accroîtrons et développerons à travers nos enfants, nos petits – fils et toutes les autres générations.

Qu’est-ce que nous avons fait, sans cet ordre d’idées, avec notre mouvement ?

Les mouvements de ce type ont deux influences. Premièrement celle qui représente dans le « oui » le même mouvement, et l’autre, celle qui irradie pour le reste les hommes qui forment la Nation et ses institutions, sont issue de notre idéologie ou de quelques autres. En ce qui concerne le premier objectif, pour notre mouvement, d’abord nous nous sommes mis d’accord sur le fondement de notre conception : nous avons donnés aux masses une doctrine qui fixe notre position, elle détermine nos illusions et fixe les objectifs que nous voulons atteindre.

Nous avons obtenu cela par persuasion et par sentiment, qui normalement se produit aux grandes masses. Dans les masses il y a ceux qui pensent et ceux qui sentent le regroupement qui est lié à une mystique commune qui atteint tant celui qui pense par persuasion tout comme celui qu’il sent par son cœur.

Ce travail, si difficile à réaliser, a été fait par nous autres dans ce mouvement. Un grand nombre d’argentins pensent et sentent comme nous. Sans les conditions auxquelles je me suis référé, les mouvements de groupement collectif sont irréalisables, de manière à ce que, l’accomplissement, nous crée une possibilité, mais nous crée aussi une responsabilité.

Pour répondre à cette responsabilité il convient aujourd’hui impérativement de s’organiser. Nous avons la base de cette organisation qui est la manière de l’apprécier et la manière semblable de la résoudre.

C’est nécessaire, maintenant, de donner une consistance rationnelle organique à ce mouvement, qui est seulement uni aujourd’hui, nous pourrions le dire ainsi, spirituellement, pour qu’il résiste au temps et à la lutte qui est ce que nous considérons juste et honorable au reste des argentins qui ne pensent et sentent pas comme nous.

Dans tout ceci le mouvement a obtenu une progression considérable. Il suffirait de dire, en ce sens, que nous avons réalisé une réforme presque intégrale des secteurs distincts de la vie nationale dans ce moment présent.

Comment cette réforme intégrale a-t-elle été encadrée ? Nous pensons que la République Argentine passe par des étapes successives et les transformations qui ont été transcendantes ou immanentes, étaient-elles suffisamment encadrées avec un critère positif ou avec des moyens détournés.

Nous pensons que dès 1810 et 1816, dans laquelle un commencement a été donné à la réalisation de notre indépendance politique, jusqu’en 1828, dans laquelle réellement cette indépendance a été réalisée, c’était une étape constructive de réalisations, profondément transcendant au service de la Nation. Comment cela a-t-il  été réalisé, messieurs ? Tout le peuple  s’est mis à la disposition de cette nation naissante de créoles (Américanisme à l’époque coloniale des peuples soumis aux USA) qui ont donné tout ce qu’il avait, ils l’ont joué et ont gagné, mais tous dépossédés sont restés parce que cette longue guerre a pris tout ce que les argentins avaient. Dans cette guerre, chacun avait tenu, sang et vie, et était en droit d’espérer le triomphe, le bénéfice devrait être réparti à chaque argentin dans la mesure de ce qu’il avait perdu.

UN SENS ET UNE PORTÉE DES RÉVOLUTIONS ARGENTINES

Et quel fut le panorama que plus de vingt générations d’argentins ont contemplé ? Pour la majeure partie de la population, toute cette lutte avait été stérile. De cela, nous voyons souvent, ou nous avons vu, des combattants, des descendants de combattants, qui demandaient une aumône dans les rues du Buenos Aires. Déjà Martin Fierro (Martín Fierro est un poème épique composé en 1872 par l’écrivain et journaliste argentin José Hernàndez) a chanté pour la première fois la révolte de ces hommes qui avaient perdu tout, mais cela n’a pas été interprété comme le fait de sentir cette classe d’hommes dépossédés, mais comme un poème plus ou moins utopiste des temps de l’organisation nationale. Depuis lors jusqu’à présent, messieurs, les mouvements révolutionnaires populaires sont revenus succédant à la République Argentine dans des périodes  de 12, 10, 8, 7 ou 6 ans, pensant servir la révolution une institution déjà constitutionnelle parce que les bénéficiaires des coups d’État ont juré de respecter et de faire respecter la Constitution Nationale. Normalement, dans ce même salon, plus de cinq révolutionnaires ont échoué depuis lors jusqu’à  aujourd’hui. Pourquoi ont-ils échoué ? Dans ma courte relativement courte vie, j’ai vu des révolutions ratées, triomphantes dans le coup d’État, mais échouées comme révolution, parce que dans cette terre les coups d’État ont été tous heureux, mais une fois dans le pouvoir les révolutionnaires ou les bénéficiaires des coups d’État, ont tous échoué; et les révolutions furent simplement populaires.

Le peuple a été avec les révolutions, parce que le peuple attendait quelque chose qui ne venait pas. Pourquoi cet état de fait ? Parce que chacune de ces révolutions ou pseudo révolutions, interprète le coup d’État comme un fait politique mais ce n’était pas un fait politique. Les révolutionnaires sont arrivés au pouvoir et ont dit : « une révolution politique change les hommes et s’ensuit  les mêmes systèmes », mais sans comprendre surtout, d’une manière profonde, la formation et le fond des institutions argentines; et ainsi ils sont passés frileusement, normalement vilipendés (Ici c’est le mot portugais vilipendiados qui est employé, voulant dire aussi dénigrer, existant en français le verbe vilipender est plus juste) par le même peuple qui a été d’accord quand ils ont fait le coup d’État.

Cette révolution du 4 juin aurait exactement été la même si nous aurions laissé aller les événements par la voie qui semblait plus simple et plus facile, en changeant quelques hommes et en mettant d’autres.

Nous interprétons d’une manière distincte ce mouvement. Nous pensions et nous croyons (En espagnol lorsque le verbe créer est employé deux fois, il se traduit par l’expression « penser et créer ») que le problème argentin n’est pas un problème politique. Mais un problème économico-social que la Nation réclame depuis presqu’un siècle qui n’a jamais été résolu par les mouvements révolutionnaires qui ont eu une raison d’être dans ce problème économico-social et qui ont été affaibli parce qu’ils ont affronté les formes et les solutions politiques qui n’intéressaient pas le peuple argentin ni les solutions et encore moins les problèmes sociaux et économiques.

L’influence que notre mouvement va avoir à tenir dans l’ordre juridique et institutionnel : comment à cet instant pouvons-nous la réaliser ? Nous l’avons réalisée en permettant d’adapter à l’État les nécessités qui surgissaient populairement. La plus grave erreur qu’un homme politique peut commettre est de ne pas se trouver dans le champ réel de la situation du pays c’est-à-dire regarder le spectacle de ne pas la connaître ni s’immiscer, en conséquence, l’apprécier et la résoudre de façon erronée. Nous avons vu comment jusqu’à présent dans notre concept, on avait trompé le point de vue de cette situation et du paysage de la Nation.

Voyons comment nous la mettons au point et comment nous essayons de la résoudre pour qu’elle soit appréciée en bénéfice puisque jusqu’à présent nous l’avons offert qu’avec notre mouvement révolutionnaire à la Nation même et au peuple argentin spécialement.

Messieurs : vous avez vécu avec moi cette étape de l’histoire argentine et savez aussi comme moi ce qui a été fait en conséquence je vais faire seulement une revue rapide des réalisations les plus importantes, et non les petites.

AFFRONTER LA RÉVOLUTION, LA RÉFORME SOCIALE ET L’ÉCONOMIE

Nous abordons en premier terme une réforme sociale que nous annoncions déjà en 1943. Quand je vais leur démontrer que nous n’avons pas trébuchés, mais que nous sommes hommes à exécuter fermement un plan que nous accomplirons dans toutes ses étapes. Cette réforme sociale naît avec ce qui était fondamental pour nous. Les temps que nous vivions nous indiquaient le chemin. A la douleur de la terre qu’il avait comme enlevée à la moitié de la population de la République Argentine, ou au trois-quarts, pendant beaucoup d’années, il s’était joint ceux qui arrivaient de l’Europe, si mécontents comme ceux qui étaient ici, en apportant à la fois leurs propres problèmes sociaux, en transférant- nous dirons ainsi – la douleur d’autres terres à la douleur de notre terre, après quoi le problème social avait augmenté.

Messieurs : La réforme sociale a affronté presque empiriquement, le Sud.  Affrontée dans sa forme unique dans laquelle on pouvait combattre une réforme sociale; non par la méthode idéale, parce que nous projetions encore comment nous devions la réaliser, mais par la méthode réelle de ce qui était nécessaire de faire et en mettant à la réaliser immédiatement, la manière unique de mettre par jour, sans perte de temps, le problème de la justice sociale à notre terre, qui était déjà en train de provoquer des réactions qu’il sait à quels points elles pouvaient se produire, avec perte pour tous les argentins, qu’ils soient riches ou pauvres.

Vous savez aussi bien que moi, comment la réforme sociale a été réalisée. Nous avons dû ajouter à la réforme économique, parce que celle-ci jetait les bases de possibilité pour la réforme sociale. Une réforme sociale qui ne porte pas vers une réforme économique toujours relative : limitée à celle qui ne peut pas passer.

La réforme économique traitait simplement deux points fondamentaux : maintenir à l’intérieur du pays la richesse de même; répartir cette richesse équitablement, sans qu’il n’y eût d’hommes qui de cette richesse tiraient tant de profit qu’ils étaient extraordinairement riches, ces hommes qui de la même richesse en tiraient si peu de bénéfice qu’ils étaient paradoxalement pauvres.

Nous déclarons l’indépendance économique, parce que c’était l’étape finale du premier cycle : maintenir à l’intérieur du pays la richesse des argentins, en fermant tous les trous et interstices d’où elle s’échappait depuis déjà tant et tant d’années. Nous voulons établir peu à peu une complète réforme sociale, de façon à ce que les bénéfices soient équitablement distribués c’est-à-dire en rapport directe à l’effort et au sacrifice que chacun des argentins réalisent.

Messieurs : Je pourrais vous dire que ces deux réformes ont été déjà accomplies. Il reste à accomplir la troisième étape, qui est sa consolidation, parce qu’il est inutile de vouloir croire que cela est consolidé. Dans la vie des nations, en trois ou quatre ans rien n’est consolidé. Il est nécessaire d’affronter résolument la troisième étape c’est-à-dire la consolidation de ces deux réformes : la consolidation de la réforme sociale et la consolidation de la réforme économique, en favorisant de cette manière la matérialisation d’une nouvelle et comme par conjoncture réforme politique

LA RÉFORME POLITIQUE

Nous autres en cet instant ultime, nous considérons par la suite trois étapes distinctes : la première est la réforme politique proprement dite c’est-à-dire conformer une série de principes et une doctrine qu’avec la puissance de notre force politique nous avons à imposer à l’avenir du pays, en appelant tous les hommes de bonne volonté qu’ils nous accompagnent dans cette œuvre que nous considérons être un bien parce qu’elle est basée – comme vous aurez vu – sur les principes moraux, sans lesquels la politique se retournerait comme une arme contraire au pays. Ceux qui affirment que la politique est mauvaise, oublient de dire que la politique est bonne quand elle se fait au bénéfice du pays et est mauvaise quand elle est exercée en tour de force, et cela dépend que cette politique soit basée dans des principes constructifs ou, au contraire, dans des principes destructifs. Les principes constructifs sont ceux que nous essayons d’introduire à l’intérieur de la politique argentine, en modérant les passions, en créant des instruments de défense et de bien public en les affirmant dans des principes moraux et à la nationalité pour donner à notre force politique un haut degré de fondation, sans lequel ce serait une triste force, tant plus triste que plus puissante elle sera.

Cette réforme politique est dirigée, en premier lieu, à sacrer les institutions et l’État, n’importe quelle force qui est au service de l’autre cause n’est pas la Nation. Nous voulons que les institutions de la République ne soient pas maniées mais par les fonctionnaires de la République, et que ces fonctionnaires soient des employés honnêtes et loyaux de la Nation.

Nous voulons que la politique soit réalisée par des moyens politiques mais pas plus, cela veut dire, messieurs, en faisant valoir que, pendant tant d’années tous, vous comme moi, nous avons protesté en criant à celui ou celle qui voulait entendre, en soulignant que la Nation ne peut pas être au service de la politique, mais la politique au service de la Nation. Et c’est cela que nous autres voulons réaliser, et devons lutter pour qu’ainsi il soit.

Je crois que la réforme politique, après avoir balayée la fraude et avec tous ces graves inconvénients avec lesquels on a lutté en Argentine, pendant tant d’années, après avoir liquidé les persécutions et les combinaisons de toute espèce qui étaient faites au détriment de l’État, elle doit faire disparaître la politique des institutions, qui peut être bien destructive pour le malheur de la Nation, de façon à ce que celle-ci sert les objectifs et en finalité sans influence une politique déterminée.

C’est pour cela que nous autres voulons organiser notre force politique, créer un vrai parti intelligent, idéaliste, avec un sens profond humaniste, sans lequel les masses se mettent à être des instruments obscurs d’hommes qui peuvent être éclairés ou être misérables.

L’organisation est indispensable pour que nous nous débrouillions et c’est indispensable pour le bien de la Nation; parce que comme plusieurs fois je l’ai dit, si nous sommes nous autres pas ceux qui ferons le bien à la Nation, au moins nous lui ferons un bien immense d’obliger nos adversaires à s’organisent aussi, pour qu’ils forment une force organique qui représente, non le fait d’entendre une partie de la Nation, mais qui interprète et exécute leur appréhension.

Cette organisation est celle que nous encadrons et dans mon concept elle a deux aspects que nous devons résoudre. Premier aspect celui d’un parti d’une organisation d’hommes politiques qui est seulement destiné à regrouper les hommes portés par quelque sentiment, et le deuxième aspect celui qui ne fait pas le bien de la Nation, et qui ne peut pas être un parti politique; devient un trouble politique énorme.

LA FORCE DE L’ESPRIT GUIDE L’HOMME

La première chose qu’il faut donner à un organisme est son esprit. Comme l’homme sans âme est simplement  un cadavre, un organisme qui ne possède pas d’esprit ou d’âme collective est formé par une série de principes et de sentiments individualisés à la masse, comme lorsqu’on pense, dans l’ensemble, d’une manière similaire, à tenir un objectif commun regroupé derrière l’idéal, qui est aussi commun, à tous les hommes qui le compose. Pour cette raison, après avoir fait les plans basiques pour l’organisation définitive de notre parti, nous avons clairement commencé par fixer les principes et la doctrine, parce qu’ils représentent l’âme du mouvement.

Sans une manière similaire d’interpréter et sans une manière similaire de sentir, ce qu’il est dit ici est inutile, que vous criiez « Viva Perón ! » ou même que vous vous fassiez appeler « peroniste ».

Pour être péroniste il n’est pas suffisant d’être intervenu dans notre mouvement; il n’est pas suffisant d’avoir été choisi pour une fonction à l’intérieur de lui même, n’est pas suffisant de dire ce que disent les autres. Il est nécessaire et indispensable que ce qui se dit ici se sente profondément.

Cela est le fondement de notre mouvement et de l’organisation de lui même. Celui qui pense et celui qui sent ce qu’on dit ici, est uni à l’autre qui pense et sent de même, mais celui qui pense en étant distrait, même si il porte un écriteau sur la poitrine, n’est pas péroniste.

Comme je dis et viens de décider, c’est fondamental. Sans cela le parti n’existe pas et sans lui nous n’irons nulle part, parce que ce sont les forces de l’esprit qui guident et portent l’homme, bien qu’il veuille résister à elles. Ce ne sont pas les forces matérielles ni les passions de la force motrice de l’homme. Ce sera l’esprit qui le portera et qui est sans esprit de penser et de sentir les choses, sera toujours un homme désobéissant et difficile à l’intérieur d’un mouvement d’hommes qui ont en commun le même esprit de sentir et de penser.

Une fois remplie la première condition requise de l’organisation c’est-à-dire celle qui tend à regrouper les hommes par l’esprit, vient l’aspect matériel, qui a souvent eu l’habitude d’être  le rideau qui cache une triste réalité; mais ce dont nous avons besoin, pour que soit conforme au fond, c’est une digne représentation réelle d’une unité réelle. En d’autres conciliabules, l’organisation matérielle ne fait pas que mettre à une conjoncture et à une formation organique les hommes qui ont une conformation spirituelle exacte et/ou relativement exacte entre l’un et l’autre.

Cet avant-projet de loi contient à la fois: l’organisation spirituelle, c’est à dire, la déclaration de principes et doctrines qui constituent l’âme de notre mouvement et une charte organique qui donne la forme matérielle de ce conglomérat qui ne peut être fait que dans l’esprit et le cœur.

C’est ce que je veux, Messieurs, que vous comprenez, interprétez dans cette déclaration.

Nous ! A la réforme politique, nous commencerons à modifier d’abord les méthodes. Jusqu’à présent, les partis politiques avaient seulement une charte contenant un certain nombre de déclarations, plus ou moins vague, dans laquelle les valeurs morales brillaient souvent par leur absence. Nous autres arrivons à une autre classe d’initiation à un autre genre d’ouverture.

Nous voulons des hommes qui pensent et sentent comme nous, qui tendent vers un objectif similaire, qui sont prêts à tout sacrifier comme nous pour le bien de la nation. Unissons-nous pour la réalisation de ce sacrifice pour le bénéfice collectif, pour servir la nation et faire le bien comme nous l’entendons et que nous allons perfectionner durant notre démarche.

Nous avons un point de départ intelligible. Nous savons ce que nous voulons et nous savons où nous allons.

Il suffirait maintenant que nous avons la force d’esprit suffisant pour accomplir les choses, ô combien avec intensité.

Messieurs: Cette organisation, qui représente pour nous la véritable réforme politique, serait inutile si nous ne donnons pas à la population certaines priorités pour l’accomplir et certaines directives pour la réaliser. Les réformes se font réformer et commencent à se réformer d’elles-mêmes, car la méthode est vieille et bien connue qui consiste à traiter la réforme par la réforme, or déjà personne n’y croit, que prodiguer œuvre la manière de travailler.

Le premier aspect de cette organisation – en récapitulant – est de donner organiquement un esprit au mouvement, avec sa mystique, avec ses principes, avec la détermination des grandes normes d’exécution. Est-ce que cela est conforme à un état ? Nous disons oui ! La spiritualité du mouvement se comprend parfois et se ressent à d’autres. Béni soit celui qui puisse le comprendre et le sentir ! Et que celui qui le sent, se mette  à étudier, à travailler, à méditer, ainsi nous le comprendrons aussi.  Et que celui qui le comprend seulement, demande à Dieu de l’élever pour mieux le ressentir. Et ne croyez pas que ce soit une lapalissade car il y a des politiciens qui ont fait de la politique depuis cinquante ans, sans comprendre, tandis que d’autres ont compris sans jamais en avoir fait.

FACTEUR DE L’ORGANISATION

Le deuxième aspect est l’organisation matérielle. Cette organisation matérielle, comment la réaliser ? Toute organisation de masses, quelles soient prises dans un sens ou dans l’autre, implique toujours un problème matériel d’organisation similaire, parce qu’entre les hommes il y a ceux qui commandent au premier degré, et ceux qui commandent au deuxième degré et qui obéissent, sinon, il ne peut pas y avoir une organisation matérielle des masses.

Au premier degré ce sont ceux qui dirigent l’ensemble ; au deuxième degré ce sont ceux qui dirigent les parties, et au troisième degré ce sont les mêmes parties qui réalisent l’obédience (Fidélité et adhésion à une puissance politique).Sans cela il n’y a pas d’organisation ce qu’il veut dire, messieurs, que toute organisation implique une équation à trois inconnues à éclaircir: le pilote qui gère l’ensemble; les cadres du parti, qui sont les dirigeants du deuxième degré et qui dirigent les parties; et le troisième degré, la masse. Les inconnues de cette équation sont élucidées durant la marche c’est-à-dire le développement de l’organisation. La marche à suivre est dictée par le conducteur, qui fait parti des cadres, et la marche étant dictée par la masse populaire c’est-à-dire le peuple.

Il existe de nombreuses distorsions dans le domaine de l’organisation; il y a d’énormes distorsions. Plusieurs fois, a existé un pilote qui ne méritait pas de l’être, comme cela a été fait lors d’une convention par décret, par audace, ou pour n’importe quelle autre raison.  Lorsque cela arrive l’ensemble peut être homogène, marche bien, mais cela ne va pas à bon port, parce que celui qui pilote ne le portent pas vers le bon port. Mais il peut arriver aussi que cela soit inversé : que le timonier central, celui qui dirige l’ensemble, va vers le  bon port, mais il ne peut pas y arriver parce que les cadres qui le servent durant la marche en avant dissocient les forces.

Mais aussi, avec un pilote capable, si vous le souhaitez, parce qu’avec une masse indisciplinée qui n’obéit ni à l’un ni à l’autre, l’organisation échouera. Donc, si nous voulons faire une organisation comme il se doit, il doit y avoir un pilote partial, des cadres partiaux capablement formés pour la conduite et une masse doctrinaire et matériellement unie.

Nous sommes arrivés au quatrième facteur de l’organisation, qui est en l’occurrence, messieurs, la discipline. La discipline peut être très bonne ou très mauvaise, selon si elle est bien appliquée ou mal appliquée. Peu importe l’abondance de discipline; ce qui importe, c’est la qualité de la discipline. Je suis un homme formé depuis mes douze ans à une discipline de fer la plus dure qui peut exister; Je suis un amoureux de la discipline et je suis un défenseur de la discipline. Mais la discipline, messieurs, elle a aussi ses limites. Comme je dis toujours, le pain est le meilleur aliment, mais avec un sac vide on ne mange pas la meilleure nourriture. La discipline peut être militaire et l’armée l’accomplit avec un code de justice militaire, souvent plus terrible; elle peut être servit par l’ecclésiaste (Celui qui s’adresse à la foule), je ne pense pas qu’aucun de nous remplirons cette tâche; si nous ne sommes pas dans l’église. Si vous voulez appliquer la discipline militaire, les argentins ne la voudront pas, parce qu’ils ne sont pas des militaires. Si nous voulons comprendre ce qu’est la discipline il est nécessaire d’analyser le vrai sens du mot discipline. Nous dans cette organisation, nous n’avons besoin ni de l’armée ni la discipline ecclésiastique. Nous avons besoin de la politique de la discipline, qui est différente de toutes les disciplines.

CONCEPT DE LA DISCIPLINE POLITIQUE

En quoi consiste la discipline politique ? Il s’offre deux aspects, comme toutes les disciplines: la forme et le fond. Quel est le fond de la discipline politique ? Pour expliquer cela, je vais faire un parallèle entre la discipline politique et de la discipline militaire.

La discipline militaire encadre l’homme, elle lui prend ses vêtements, lui en met d’autres, vous apprend à marcher différemment, enseigne à recevoir des ordres et les exécuter avec intelligence, mais froidement : guidée en permanence par votre supérieur du début jusqu’à la réalisation complète de son objectif. Si vous vous arrêtez en chemin, elle doit être décidée par un ordre supérieur c’est-à-dire, menée dans le vrai concept, sans être en aucun cas le conducteur. Elle agit par action de présence et toujours ensemble.

Qu’est-ce que la discipline politique ? Tout homme, même au sein de la masse, doit travailler individuellement, parce que c’est une discipline confiée à sa conscience et non la volonté de celui qui commande et dirige tous les actes.

Le militaire sort avec sa troupe et doit arriver à l’objectif, tous ensemble sous commandement et d’une même voix.

L’homme politique est laissé libre à ses propres pensées et à ses propres réflexions. Le seul point de départ commun est l’objectif où il doit arriver, et il choisit son chemin. Il avance par des chemins différents et de différentes manières, individuellement, ou avec son libre arbitre et si cela ne lui plaît pas il recommence. IL avance à une seule condition: ne pas perturbé ceux qui marchent avec lui et il doit arriver simultanément à l’objectif qui a été fixé par sa propre volonté, à l’heure et au but précis.

Ce que la discipline politique ne permet pas c’est le mensonge. Ce que la discipline politique ne tolère pas c’est la mauvaise procédure.

Ce que la discipline politique impose est la sincérité et la loyauté dans toutes les procédures et travailler pour la cause. Dans la discipline politique personne n’est obligée de réaliser ce que sa conscience ne lui oblige pas, et en conséquence, celui qui veut réaliser un mauvais acte non seulement corrompt la discipline du parti, mais il devient passible de ces hommes qui devaient obéir et qui tendent à être déchus de leur mandat pour lequel ils ont été mandatés.

Messieurs ! Celui qui effectue une chose (Sous entendu une malversation) ou qu’il effectue une manœuvre pour son bénéfice propre ne peut pas imposer et exiger une discipline à ceux qui doivent obéir. Pour cette raison, la discipline politique est une discipline éminemment fondamentale. Pour cette raison aussi, le Chef ne fait pas, mais il initie: et, pour la même raison, les cadres dirigeants ne le font pas mais initient. Malheur à celui qui croit que l’on peut faire un Chef par décret ou par des élections. Cela est simple à expliquer: conduire est un art et l’artiste naît, il ne le devient pas. Cette discipline dont j’entends parler si souvent, est comme beaucoup d’autres choses, elle est dans toutes les bouches et dans très peu de cœurs. Commandez avec dignité, commandez avec sincérité, commandez avec désintéressement et avec loyauté, commandez avec honnêteté, et vous serez obéis. Mais ordonnez en transgressant la réalité ou avec mensonges pour votre propre profit et non de l’ensemble, ordonnez à base de combinaisons, et vous aurez beau avoir le meilleur « Comandante ! » vous ne serez jamais obéis.

Et ici, je vais répéter ce que j’ai dit à maintes reprises. Quand un chef est mandaté, il doit être respecté, à condition qu’il soit encadré par le « slogan » que nous disons et connaissons tous : « nous sommes tous les artifices du destin commun, mais aucun instrument doit servir l’ambition personnel. »

Si c’est le cas, la discipline ne sera pas à imposer. La discipline sera une conséquence de l’action que nous effectuons. N’ordonnons jamais, ce qui n’est pas juste et nous serons respectés. N’imposons jamais d’injustice, parce que cela suscite la rébellion des masses.

De la discipline nous pourrions beaucoup en parler, parce qu’il a été assez dit que pour être obéi nous devons bien commander.

Malheureusement, nous n’avons pas encore pu nous organiser, parce que les événements ne nous ont pas portés vers cette organisation et nous commençons maintenant cette nouvelle étape du mouvement; autrement dit, la phase de consolidation, qui est à réussir avec cette organisation que nous initions. Si nous l’inspirons aussitôt, par ce que j’ai dit, le succès sera atteint, mais dans le cas opposé il est inutile que nous travaillions pendant des années et des années après une illusion qui en ressortira inaccessible.

C’est pourquoi nous devons élever toutes les régions du pays pour porter ces idées, afin de parvenir à la formation d’un corps homogène.

Quelle est l’homogénéité de ce mouvement ? C’est une chose très simple que les hommes oublient souvent. Savoir où nous allons et ce que nous voulons, en décidant, de réaliser un mouvement qui analyse et même de donner raison à l’objectif poursuivi. Une action absolue et objective dans l’exécution et la conception de tous nos problèmes.

Pour arriver à l’unité de cela, il nous sera nécessaire de vivre la situation de la Nation, d’apprécier la même terre ensemble et les problèmes communs. De cette appréciation sortira la même résolution et la même manière de résoudre les problèmes. C’est ce que le mouvement atteindra avec son organisation.

L’administration nous a suffisamment apporté des problèmes et vous connaissez certains de ces problèmes comme moi, les difficultés commencent par transformer l’homme politique en institutionnel. Cela n’apporte aucun résultat ni bénéfice et de graves préjudices à la Nation et spécialement pour les provinces éloignées et les départements où les conflits se produisent.

IL N’Y A RIEN DE SUPÉRIEUR À L’INTÉRÊT DE LA COLLECTIVITÉ

Il est regrettable de penser, bien que compréhensible, que nous n’avons pas une opposition avec qui se battre, nous nous battons entre nous. Je ne critique pas d’un côté ou de l’autre. Je critique tout à la fois, parce que quand l’un ne veut pas l’autre  ne se bat pas. Et parce que ces palabres se terminent toujours par des accusations de banditisme politique d’un côté et l’autre ce qui parle très peu en faveur de ceux qui peuvent solutionner les problèmes. Autrement dit, la solution du problème institutionnel se reporte à une solution personnelle.

Mais cela n’empêche pas le mal. Les factieux créent des factions, et donc le problème acquiert une virulence du deuxième degré. Et les factions viennent déjà la dissocier, je dirai, qu’arriver au troisième degré serait dangereux.

Quant à l’intérieur d’une force politique apparaît un intrigant qui veut influencer un secteur pour former une faction, il est comme la carie qui se produit sur une dent: et il n’y a pas d’autre remède que de supprimer la dent.

Et là, précisément, c’est le cas de la discipline partisane. Il doit y avoir une administration – elle a déjà été créée: ce sont les Tribunaux de Discipline Partisane (T.D.P.) – lorsque vous voyez un de ces hommes pour qui l’intérêt personnel l’emporte sur l’intérêt de tous, nous appliquerons le châtiment mérité : « Monsieur, vous êtes personnaliste (Doctrine révolutionnaire des années 30), vous voulez travailler pour vous-mêmes, alors foutez le camp et travailler pour vous ! »

Messieurs : au sein de notre mouvement tous travaillent pour tout le monde et il n’y a pas de place pour ceux qui souhaitent utiliser le travail des autres ou de travailler pour soit. Tout cela sans mentionner que ces rebelles forment des chambres noires et utilisent la diffamation à l’encontre de leurs propres compagnons organisés, en préparant des plans de façon à diffamer untel ou untel (L’expression Mengano o Zutano en espagnol, est le nom de deux personnages imaginaires quelconques), pour lui faire perdre l’ascendant partisan et lui passer devant.

Cela n’est pas un manque de discipline partisane; cela entre dans les limites de la délinquance de droit commun et il est à exclure que dans nos forces de tels délinquants vivent avec nous.

Nous parlons parfois d’hommes qui ont de grandes aspirations et même des ambitions. Eh bien, messieurs ! Je l’ai dans mon esprit. Je pense que si Napoléon Bonaparte n’avait pas été un ambitieux il aurait été mort en tant que Capitaine d’artillerie et la France n’aurait pas aujourd’hui l’éclat de sa gloire mise à part la splendeur et la gloire de Napoléon.

Misérable serait notre mouvement si il n’y avait pas d’hommes ayant des aspirations et même des hommes ambitieux, parce que c’est une force motrice que l’humanité a reçu de la Providence Divine, dans une plus grande et moindre mesure. Celui qui est satisfait de son sort et marche dans les pas que d’autres ont créés, est un médiocre. Etre un Homme c’est avoir des aspirations, et de créer de nouvelles choses, ne pas se contenter de marcher dans les pas que d’autres ont créés.

Messieurs : ce qu’il faut ajouter à cela, consiste en ce que l’ambition et l’aspiration des hommes doivent être, en premier terme justifiées. Et pour les justifier, il est nécessaire que cette ambition ou cette aspiration s’accomplisse avec un travail constructif et non pour nuire ou gêner ceux qui s’en approcheraient.

Il s’agit d’une course, messieurs ! C’est une course où tout le monde court pour sa bouée de sauvetage, et celui qui a des aspirations ou des ambitions de victoire, doit courir plus léger, et ne pas lui mettre des bâtons dans les roues.

Et, comme nous, les autorités du parti, doivent jouer aux juges, ne pas courir, pour sa bouée de sauvetage et ne pas gêner ceux qui courent à côté d’eux, nous avons à le disqualifier et nous devons l’exclure catégoriquement pour lui affirmer la vraie et seule discipline qui doit régner au sein de notre mouvement, c’est à dire, dans l’honnêteté des procédures. Estimons être d’accord en ce qui concerne la lutte pour en sortir, mais en sortir par des méthodes honnêtes.

LE MOUVEMENT ACCUEILLE TOUS LES HOMMES SINCÈRES ET HONNÊTES

Il est un autre aspect qui a aussi été mentionné: je veux dire les préjugés et les idées préconçues. Notre mouvement a été composé d’hommes qui viennent de différents horizons. Nous n’avons pas demandé d’où ils viennent, mais nous leur avons demandé qui ils sont, ce qu’ils pensent et où ils comptent aller. Cela devrait être une norme pour nous, parce que notre objectif doit être que tous les Argentins qui pensent comme nous, et qu’ils ont été malhonnêtement trompés doivent combattre de notre côté, quelle que soit leur origine ou quelle que soit leur erreur. Nous, étant un mouvement populaire, nous ne pouvons pas  écarter « a priori » les hommes qui sont honnêtes et décents, d’où qu’ils viennent, sachant ce qu’ils savent, sentant ce qu’ils sentent, s’ils sont d’accord sur la nécessité de se rendre au travail sans relâche pour réparer les torts de la Nation et de mettre notre pays sur le chemin de la gloire et de la grandeur, que chacun des Argentins bien-nés devraient désirer pour leur patrie.

C’est pourquoi moi- même, je mène une politique que je crois juste: une politique de rapprochement de tous les hommes qui peuvent avoir pensé d’une manière différemment que nous, du moment qu’ils sont toujours de bonne foi et prompt à collaborer. Toutes les forces sont utilisables dans notre mouvement, si elles restent  nobles et loyales, et tous les hommes seront bienvenus s’ils viennent avec loyauté et la sincérité de servir sous notre drapeau. Cette diversité est ce qui nous fera réussir. L’histoire de tous les mouvements du monde démontre que les mouvements collectifs sectaires échouent et triomphent quand ils sont universalisés.

Cela devrait être notre conception du parti. Tout le monde devrait venir à lui à une condition: servir loyalement, en pensant que dans ce grand mouvement, tout est possible et que tout le monde peut être bon. Ce sont les échos et les progrès qui nous indiqueront si nous avons raison et si ces hommes ont eu le droit de discuter notre propre doctrine. Nous ne sommes pas imperméables à la discussion, nous ne voulons pas en imposer, nous voulons procéder, et nous voulons procédés avec les faits et la meilleure méthode, que l’homme peut utiliser.

Si notre courant, avec une grande amplitude, sans sectarisme d’aucune sorte, sans coercition qui peut être  exercé en aucune façon ; avance par le large chemin de la vérité et de la réalité, alors nous n’avons rien à craindre.

Si nous sectarisons, nous finirons par perdre la force que nous avons et nous allons devenir un parti qui va vivre dans une tour d’ivoire, et qu’il ne représentera plus la République, le sentiment de l’ensemble, il deviendra une petite agence qui marche à contre-courant .

Les mouvements populaires sont également quantitatifs et dans la sélection de l’espèce humaine il est nécessaire de prendre la totalité de ses membres, en ne sélectionnant pas de particules d’un petit secteur qui ne représente rien et qui n’est rien.

Notre groupe est populaire. Le peuple en a le libre accès et même à l’intérieur il a la liberté de pensée et le droit d’imposer sa volonté, si elle est supérieure.

Donc j’utilise toujours la tolérance contre l’intolérance. Laissons maintenant les armes et comme je dis souvent prendre le violon peut être plus efficace. Il s’agit d’une grande sagesse, bien que je l’aie exprimé d’une manière simpliste.

Dans la République nous n’avons pas d’opposition, mais nous avons des adversaires. Avec des procédures honorables, nous devons les persuader sans équivoque qui ce sont trompés et qu’ils se trouvent placés au mauvais endroit, puisqu’ils pensent et ressentent comme nous depuis des années. Ils ont souvent dit qu’il est nécessaire de faire ce que nous faisons, mais aujourd’hui ils sont dans l’opposition.

Cela s’explique parce qu’ils marchent derrière des positions personnelles et ne défendent pas de parti national. L’homme prive de travail la collectivité. L’égoïsme n’est pas bon conseiller.

C’est pourquoi nous sommes déterminés à suivre notre dessein avec une haute tolérance.

NOUS DEVONS DONNER UNE LEÇON D’UNITÉ

Je ne veux pas prolonger cette conversation qui est si agréable pour moi. Je veux juste leurs donner un conseil, que j’ai l’obligation de dire aux plus vieux. Dans ce congrès du parti, que nous réalisons, nous avons à donner la sensation au pays que nous sommes unis, nous pensons de la même façon et nous avons tous le même objectif, et, surtout, en tant que prédicateur, c’est-à-être les architectes du destin commun et non un instrument de l’ambition de personnelle. Nous devons souligner que nous sommes d’accord et nous allons travailler pour le bien de tous. C’est ce qui doit sortir de ce Congrès.

Si nous ne nous battons pas pour lui, pour les petites choses qui n’ont pas d’importance, nous aurions donné un triste spectacle et cela peut être un facteur de faiblesses en face de notre propre grandeur. Nous sommes nombreux; nous sommes engagés dans la même œuvre; donnons l’exemple de ce que nous sommes unis et que nous travaillons et de qu’il n’y a pas d’intérêts personnels entre nous. Si nous donnons cette leçon le parti sortira de ce congrès tonifié et honoré dans ses procédures.

Pour cela il serait temps pour notre groupe qu’un congrès auquel concourent des hommes de 14 provinces et de 9 gouvernements, se réunissent en représentation de ses peuples péronistes y compris tous les villages (Terme sous entendu : même des villageois les plus reculés) et arrivent aux conclusions exactement égales dans un accord et dans une amitié qui nous fasse honneur à tous.

Cette leçon nous devons la donner à tous les autres partis et sur la grande majorité de notre parti. Cette leçon d’unité, de tolérance, de loyauté et de sincérité, pour et avec nous mêmes sera l’exemple le plus tonifiant pour la Nation. Si de ce Congrès une action de l’ensemble sort nous aurons donné un bel exemple à la citoyenneté Argentine.

Tous les congrès et toutes les conventions qui sont réalisées finissent toujours mal. Nous serons les premiers qui le terminerons dans une harmonie absolue et cela représentera une conquête plus grande que toutes les autres conquêtes que nous pouvons obtenir.

Nous avons affronté la réforme sociale, économique et la politique que nous allons faire, nous allons la montrer avec notre propre exemple. Après suivront les autres réformes.

LA RÉFORME DU DROIT ARGENTIN

L’année qui vient nous initierons la vraie réforme du droit argentin. Notre parti politique ne peut pas avoir fini bien qu’il réforme l’ordre social, l’ordre économique et l’ordre politique. Il est nécessaire de consolider ces trois étapes avec la consolidation juridique de notre mouvement. Cette réforme s’est déjà initiée. Nous devons aux Chambres de la Nation le fait d’avoir sélectionné l’élément humain pour réformer notre justice et je suis satisfait de ce qui a été fait jusqu’à présent.

Mis à part la réforme humaine, du changement des hommes, nous réformerons la législation. L’année 1948 doit être l’année des changements profonds dans le juridique. Nous avons à mettre à jour nos codes de procédure et le fond; nous avons à donner au pays encore une vraie législation en rythmant les jours que nous vivons. Il est anachronique que dans ces jours dans lesquels nous vivons la navigation aérienne, s’emploient à mettre 10 heures pour venir de l’Europe à Buenos Aires, et que nous, nous employons un Code de Commerce qui a été fait pour la navigation à voile, lorsqu’on mettait 6 mois pour arriver au Continent européen. Et voilà que je cite cela comme exemple, pour ne pas en citer plus.

Nous devons aborder la réforme des codes de procédure, le droit du travail qui a été formé autour d’un droit subsidiaire: celle des accidents du travail, à laquelle il faut ajouter de nouveaux agréments comme sur un arbre de Noël, avec de nouvelles lois et de nouvelles dispositions. Il faut aller à la réforme du droit dans le  fond: aucun mouvement transcendantal (Péron s’adresse ici, à ceux qui ont un domaine particulier de connaissances) comme le nôtre ne doit cesser d’y faire face, car il est nécessaire de mettre à jour la partie juridique.

Cela représentera en devenir le passage du temps qui consolidera notre processus, l’affirmation définitive que nos réalisations ont été bonnes et que la réforme sociale, économique et politique a été réelle, car elle a été affirmée dans le temps, justifiée et consolidée par l’action de justice.

Puis viendra la réforme de l’éducation. Nous devons aborder, l’instruction primaire, l’enseignement secondaire, technique et universitaire pour la mettre au diapason, parce que ce serait incomplet que nous revoyions tout et que nous n’essayions pas d’éduquer nos jeunes sur le fond de ces réformes.

Commençons déjà par l’éducation des hommes à l’intérieur de ce concept doctrinal, mettons à sa disposition toute la réforme et éduquons-les dans la science pour servir l’objectif de l’unité de la Nation de la conception à l’action. Nous étendrons cette réforme à la culture pour que les Arts et la Littérature dans notre pays commence à fructifier en bénéfice pour les Argentins, en mettant à profit le reste de notre culture et de la culture européenne dont nous avons hérité, pour placer de nouveaux jalons sans prendre le pas des choses que d’autres ont créés.

L’année 1948 donnera un ton déterminant à la réforme pour l’ajuster aux nouvelles conceptions que nous considérons justes.

RENAISSANCE ARGENTINE

Puis a suivi d’autres réformes longues à expliquer, qui prendront toutes les autres activités nationales. Et nous pensons qu’en 1949, peut-être en 1950, l’ensemble de la Nation devra commencer un nouveau rythme de progression de l’afflux de tous ces changements pour que tous les hommes et les Organismes de la Nation soient dirigés vers un but commun, d’une manière similaire et harmonique. Si notre pétulance s’acquitte de cela, il sera susceptible d’entrer dans l’histoire comme la Renaissance de l’Argentine.

Et nous, dans notre objectif ambitieux, nous espérons que la Renaissance de l’Argentine sera la restructuration de la Nation, politique, souveraine et économiquement libre.

Dans ce dynamisme, il n’y aura pas de force qui peut l’arrêter. Notre mouvement doit répondre à cet objectif et doit se conformer uniquement à nous qui représentons la gestion de cet élément de masse, battons-nous insatiablement à essayer de l’obtenir et en traitant en même temps, que chacun des éléments qui constituent cette masse lutteront aussi sans relâche derrière un objectif équitable.

Si nous faisons ce travail en collaboration avec l’organisation matérielle de nos forces, la réussite totale est assurée.

Nous avons actuellement la gouvernance sociale, économique et politique de la Nation, alors nous sommes donc en mesure d’influencer le cours de la République. Tous ceux qui répondent à notre Drapeau sont tenus à l’obligation de nous seconder, luttant inlassablement et avec sacrifice si nécessaire, pour atteindre ces objectifs. Je suis convaincu et je l’espère, avec la force de mon esprit de citoyen argentin, que tout le monde saura accomplir son devoir.

LES CONCEPTS

Nous n’avons pas fait autre chose que de s’acquitter de notre devoir d’Argentin et affirmer que cette action continuera à s’opposer à tout ce qui n’est pas pour le bien du pays et le bonheur du peuple.

Perón

LES CLASSES – 14 novembre 1943

La division de classes avait été créée par la lutte discordante, parce que la lutte discordante est destructrice de valeurs.

LA COHABITATION – Le 30 mai 1944

Les représentants du capital et du travail doivent ajuster leurs relations à des règles plus chrétiennes de conduite, de respect et de cohabitation entre les êtres humains.

LA SOUCHE – 28 juin 1944

L’Argentine est un produit de la conquête espagnole et la colonisation, qui a jumelé, notre terre, la volonté, la croix et l’épée. Et à l’heure actuelle il semble que se reforme cette extraordinaire conjonction de la force spirituelle et de la puissance qu’ils représentent à eux deux les plus grands attributs de l’humanité: l’Evangile et l’Epée.

LA JUSTICE – 30 juillet 1944

Nous cherchons une justice réparatrice et opposons une exploitation inexorable de l’homme par la puissance de l’homme. Dans le concept de l’Etat moderne, je ne crois pas que la race et la puissance d’un pays sont représentées par son stock d’or ou des dépôts de valeurs. La richesse d’un pays dépend de leur potentiel humain à son degré d’organisation, leur initiative et leur travail ; l’étendue et la fertilité du sol ; ses installations industrielles; sa technicité et le développement de leur technique de recherche scientifique ; son réseau autoroutier et les véhicules pour faciliter la distribution, et un commerce sain et honnête; un bon développement du système de crédit et de la finance qui donnera l’aisance, et enfin, l’harmonie et la solidarité sociale. Dans l’unité des idées présentées et compte tenu du degré d’importance de chaque point mentionné, l’économie argentine doit être fondée sur l’État de pouvoir contrôler ses institutions nationales.

LES ACTIONS – 10 août 1944

L’agitation de toute la population est un effet de l’injustice sociale. Le remède est de ne pas tromper ou de soumettre par la force, mais de leur rendre justice.

DIEU – 9 septembre 1944

Le monde du futur sera que pour ceux qui possèderont les vertus que Dieu a inspirées comme la mort et la vie des hommes.

LE BIEN COMMUN – 15 octobre 1944

Ne prend pas en charge le travailleur en bonne santé contre le capital et les monopoles sur la classe ouvrière, mais nous préconisons des solutions qui profitent aussi bien aux travailleurs, au commerce et à l’industrie, parce que nous voulons que le bien de notre Patrie.

L’ARGENTINE – Le 28 décembre 1945

Nous pensons à une nouvelle Argentine, profondément chrétienne et profondément humaniste.

LA POLITIQUE SOCIALE – Le 29 décembre 1945

Notre Parti est un mouvement unioniste Chrétien. Nous ne donnons pas les tendances d’une seule personne; mais envisageons seulement la nécessité d’une politique sociale pour le bien des travailleurs argentins, tandis que nous rejetons l’égoïsme de ceux qui ne nous comprennent pas.

L’AUTORITÉ – 11 août 1946

Nous commencerons par revendiquer pour l’Etat, avec les patrons et les ouvriers qui forment le tiers des problèmes sociaux, ce principe d’autorité qui avait été abandonné par l’indifférence, l’incapacité ou le calcul et que nous remettrons au goût du jour. Personne ne peut prétendre à ignorer le jeu de rôle, mais devra se réunir et s’acquitter à l’avenir.

UNE RÉSURGENCE ARGENTINE – 24 février 1947

Je dois rappeler ce que j’ai dit devant le Congrès Honorable National, que l’évolution des institutions humaines et l’expérimentation des théories politiques et économiques permettaient, dans les temps actuels, une nouvelle posture tendant à faciliter un équilibre adéquat entre l’individu et l’État, qui pourrait être à l’origine de ce que nous nous prévoyons à dénommer la Renaissance Argentine.

LA RACE – 12 octobre 1947

Pour notre race ce n’est pas un concept biologique. Pour nous, il est purement spirituel. Il s’agit d’une somme d’impondérables qui nous amène à être qui nous sommes et nous pousse à être ce que nous devrions être à notre origine et notre destinée. Elle est ce qui nous sépare de tomber dans l’imitation d’autres communautés dont les essences sont étrangères à la nôtre, mais avec la charité chrétienne qui visent à comprendre et respecter. Pour nous, notre race constitue notre essence personnelle, unique et indéfinissable.

L’ESPRIT – 12 octobre 1947

A l’impulsion aveugle de la force, à l’impulsion aveugle de l’argent, l’Argentine, cohéritière de la spiritualité hispanique, oppose sa suprématie vivifiante de l’esprit.

L’UNITÉ – 6 septembre 1944

Les forces armées, les forces économiques et les forces créatrices, unies dans un faisceau insoluble au moyen d’une culture solide citadine, sont les fondations sur lesquelles on doit édifier notre avenir pour nous maintenir économiquement libres et politiquement souverains.

LES HOMMES – 10 août 1944

La Patrie se forme en premier lieu par des hommes, et cela ne peut pas être le champ, ni la machine, ni l’argent, tous ces facteurs qui se superposent à l’homme, qui est celui qui souffre et travaille; et sans lequel, les champs, le bétail, et ni l’argent, auront une valeur.

LA CONDUITE – 15 décembre 1944

Après avoir conduit un peuple d’hommes ; ils deviennent des hommes de chaire et d’os; les hommes naissent, souffrent et, bien qu’ils ne veulent pas mourir, meurent; même si ils sont finauds, les hommes n’ont pas les moyens d’y échapper; les hommes savent ce qu’ils sont et non les autres; à la fin ils recherchent cela et c’est ce que nous appelons la félicité.

LE CHEF – 11 août 1944

C’est celui qui aspire à être, où les circonstances l’ont placé dans la situation de Président du pays, en premier, il doit connaître, tout de suite à comprendre; et pauvre de lui, celui qui s’en tient là, parce qu’il doit avoir aussi la précision de ressentir. Il se conduit avec l’amour et avec enthousiasme; après avec talent ; et finalement, avec connaissance. Mais il est nécessaire de penser que les œuvres que l’homme produit, sont comme les enfants : s’ils sont de l’amour, ils sont toujours plus parfaits et plus beaux.

LA CRÉATION – 10 juin 1944

L’homme a une mission créatrice : vivre. Être est de créer, et de produire de grandes œuvres. Exister, se conserver, en allant à l’encontre des choses qui sont faites par autrui. Nous divisons le pays en deux catégories : l’une, celle des hommes qui travaillent, et l’autre, celui qui vit du travail des hommes. Devant cette situation, nous nous sommes ouvertement placés du côté des hommes qui travaillent.

LE SERMENT – 3 décembre 1943

Défendre ceux qui souffrent et travaillent pour former et pour modeler la grandeur de la Nation, défendre la Patrie dans l’accomplissement du serment dans lequel on engage sa vie. Sachant que la vie est trop courte pour déposer l’offrande à l’autel de la Patrie.

UNE ÉCONOMIE ÉTATIQUE – juin 1947

Traditionnelle et dogmatique, notre politique économique s’est reposée sur la conviction que l’État devait recueillir toutes participations dans l’exercice d’activités industrielles. L’expérience a démontré, cependant, l’impossibilité à des économies jeunes et vigoureuses comme les nôtres, à attendre patiemment que l’initiative privée atteigne un début de maturité, qui, sans adopter de défenses adéquates, lui soient confiées des activités ou des richesses liées aux intérêts souverains.

LA TRADITION ET LE CARACTÈRE – 29 décembre 1945

L’État doit rebooster le foyer, l’école et le travail pour remodeler grandement le caractère des individus, ainsi ils auront les habitudes et les coutumes collectives qui forgeront la Tradition Nationale.

LA DÉMOCRATIE – 24 février 1947

Il est naturel que ces modes de réalisations influent sur le problème politique, il est motivant que je considère indispensable de ratifier notre foi dans les institutions démocratiques et républicaines qui nous gouvernent, puisqu’elles ne manquent pas d’opinions contraires qui annoncent son échec ; en proposant de satisfaire à l’intérieur de l’actuelle interdépendance économique, les nécessités vitales des individus.

LE PARTI – 1 décembre 1947

C’est la raison pour laquelle nous voulons organiser notre force politique, la création d’un vrai et intelligent parti idéaliste, avec un profond sens humaniste, sans que les masses deviennent des instruments sombres des hommes qui peuvent être clarifiés et être malheureux.

LA MORALE – 6 septembre 1944

Ils ne sont pas tous venus au monde dotés d’un équilibre moral suffisant pour se soumettre volontairement aux règles de cohabitation de la Société. Nous ne pouvons pas empêcher que les déviations de l’intérêt personnel dégénèrent, en égoïsme, en exploitant les droits d’autrui, et dans une impétuosité d’asservir l’élan des libertés d’autrui. Et ici, sur ce point il faut séparer le bien du mal, il doit être l’endroit où l’autorité inflexible de l’État doit arriver à redresser les défaillances des individus et remédier au manque de ressorts moraux qui doivent guider l’action de chacun, (Dans la phrase qui suit, Péron emploi volontairement et historiquement des comparaisons sombres, afin d’avertir l’homme mauvais) si vous voulez que la Société future soit plus qu’un camp de concentration ou d’un immense cimetière.

LA FRATERNITÉ – 11 août 1946

La révolution du 4 Juin a constamment prêché l’union des Argentins. Cette exhortation a un sens clair entre nous : essayer de mettre fin à l’isolement des classes sociales et la poursuite exclusive du progrès de chacun indépendamment à la prospérité ou la misère d’autrui; parce que quand les gens qu’ils soient urbains ou ruraux obéissent qu’à l’impulsion de l’égoïsme, en ignorant le sens clair du bien commun, qui est la fraternité des êtres libres, violent ce qui est loi et l’état et à cause de cela les conditions du progrès sont menacés par la décomposition publique nationale public national et la mort.

LA FOI – 11 août 1944

Les peuples sans espérance finissent par perdre la foi; et quand la foi en un pays est perdue, il est impossible de prédire avec certitude ce que l’avenir nous réserve.

LES DROITS ET LA LIBERTÉ – 12 septembre 1946

Il est nécessaire de réagir contre la faiblesse, la lâcheté et l’indifférence. Tout le monde doit défendre sa position dans la vie, et ceux qui ne savent pas le jauger auront une destination qui ne peut jamais être heureuse ni honorable. Le pays vie des heures de lutte. Nous vivons des moments pour de beaux hommes, non pour des poltrons. Tout le monde doit défendre ses droits de libre citoyen de cette République, dans laquelle être libre, doit être la première chose qu’on doit ressentir, et la deuxième, est de défendre la liberté à tout prix.

L’ÉCONOMIE ET LA LIBERTÉ – 29 décembre 1945

La liberté doit garantir une main-d’œuvre, ce qui donne la première liberté économique de l’homme, ce qui est fondamental. Nous ne sommes pas partisans de la liberté unilatérale qui existe depuis longtemps, dans lequel les riches sont libres de faire ce qu’ils veulent et le pauvre aura pour seule liberté: de mourir de faim.

L’INDÉPENDANCE ECONOMIQUE – 9 juillet 1947

L’indépendance économique est que nous ne sommes plus limités dans l’exercice de notre richesse, mais ce sera répartie entre tous les citoyens en fonction de leur effort et que chacun d’entre eux auront leur destin économique en mains propres et seront, directement ou indirectement, l’architecte de la grandeur économique de la Nation.

L’ÉCONOMIQUE EN FONCTION DU SOCIAL – 8 janvier 1947 

Pour sortir le pays de la léthargie et de la vie végétative, nous nous enquerrons à la conquête des gains économiques et sociaux. Sans les gains économiques, les acquis sociaux disparaîtront rapidement et ne pourront pas survivre; sans les gains économiques et sociaux des bouleversements politiques vont se succéder, comme en témoigne l’histoire de tous les temps et tous les pays.

LA FORMATION – 23 juillet 1944

Pour que l’amélioration de la classe ouvrière soit complète, elle doit être prête à couvrir tous les angles d’incidence, il est essentiel que les travailleurs augmentent leur culture et qu’ils renforcent leur capacité de production, comme pour une première élévation sociale que nous voulons. Nous voulons aussi justifier à la classe ouvrière, des meilleurs salaires qui seront le résultat immédiat de leur plus grande et meilleure production.

LES VALEURS ÉTERNELLES – 26 juillet 1947

Nous devons aussi lutter pour la richesse spirituelle, ce qui constitue les seules et éternelles valeurs qui sont celles qu’ils uniront, le cas échéant, à des millions d’Argentins, à la défense du pays au détriment de tous les sacrifices.

L’ORGANISATION – 2 décembre 1943

La vie civilisée en général et l’économie en particulier, tout comme la vie humaine elle-même, se meurent lorsque l’organisme perd ses cellules qui le composent. Par conséquent, j’ai toujours cru que nous devrions promouvoir l’esprit d’association professionnelle et de stimuler la formation de quelques-uns consciencieux de ses devoirs et pour leurs justes revendications qu’ils organisent, de manière à mettre en place dans toute action des partenaires pour étendre la justice et de glorifier les symboles de la nationalité, et en levant au-dessus les luttes idéologiques ou politiques.

LE SYNDICALISME – 17 juin 1944

Le syndicat de travail, est pour nous la base de nos travaux, nous ne pouvons pas aller demander à chacun des travailleurs quels sont leurs besoins et quel travail nous devons faire. Nous avons besoin de syndicat du travail. Et ces organisations seront représentées par de vrais travailleurs.

LES FORCES PATRONALES –  9 septembre 1944

N’oubliez pas également la force des employeurs, car ils représentent la grandeur de la Patrie et nous ne voulons pas des patrons qui peuvent se sentir menacés par l’existence de dangers.

UNE PASSIVITÉ IMPOSSIBLE – 31 décembre 1943

Le pays est à un moment décisif de son histoire. Le monde troublé inscrit, avec une gravité terrible, la virulence des enzymes de désintégration qui peuvent coaguler l’égoïsme et l’indifférence avec les besoins de nos semblables. Devant cette leçon si éloquente, la passivité et la persistance seraient suicidaires dans des aptitudes inopérantes, d’une expectation (Mot inusité, employé dans les années d’après guerre voulant dire : espérance) simple.

LA PAIX – 6 juillet 1947

Seule une paix constructive sauvera l’humanité, plus jamais de combats destructeurs de valeurs matérielles, de valeurs spirituelles et morales.

LA XÉNOPHOBIE – 8 décembre 1945

Nous n’avons pas de préjugés raciaux. Les Hommes décents et de bonne volonté seront toujours les bienvenus dans ce pays généreux et bon.

COMBATTONS POUR L’HONNEUR – 3 octobre 1945

Nous savons que nous nous battons contre des forces puissantes, plus puissants que jamais aujourd’hui, parce qu’elles n’ont jamais été aussi riches. Comparée à toutes les armes de spéculation, et contre ceux qui vendent et achètent les biens futurs de la Patrie,  nous, nous combattons avec des armes loyales et de front, à la recherche que l’avenir du pays s’assure dans l’intégrité politique, avec l’honnêteté économique et l’équité dans la répartition sociale des richesses.

L’EFFORT DE TOUS – 11 août 1944

En cette heure, qui est la récupération de toutes les valeurs, toutes les forces du pays doivent être unies. Celui qui est ou qui se sent argentin ne peut pas être absent de cette restauration. Chaque homme doit donner ce qu’il a de lui-même : celui qui a de forts bras, des muscles; celui qui a cultivé son intelligence, celui qui mettra en mouvement son cerveau; celui qui a une caisse de fer remplie de monnaies, et celui qui contribuera de son l’or.

LA CONSIGNE – 1 mai 1944

Je crois que, comme les révolutions, les revendications ne se proclament pas elles s’accomplissent, simplement. Et cet accomplissement, qui nous a toujours amené à préférer les créateurs aux théoriciens, qui furent la consigne rigide à laquelle nous ajustons notre action étatique. J’ai été fidèle à elles, parce que je comprends que c’est mieux de dire, qu’il est meilleur de faire que de promettre la réalisation.

PRÉDOMINANCE DE LA PAIX – 10 avril 1948

Elle est meilleure et plus pratique pour la vie de l’Etat, comme pour une église, revenir à des coutumes simples, et à la supériorité de la paix, de l’amour et de la confiance mutuelle entre les hommes et entre les nations. Pour l’obtenir, l’Etat a du lutter avec de grandes difficultés en raison de la complexité de la vie elle-même, pour les passions inhérentes à la condition humaine et parce que, finalement, les idéologies politiques sont multiples et contradictoires. Pour l’église, en revanche, cela devrait être plus facile parce qu’elle est unique et que la prédication dogmatique a toujours été la même. Et elle a toujours eu un contenu social de répudiation à la richesse et de l’exaltation du travail que personne n’a égalé voire de loin dépassé. Ce contenu social est résumé dans les paroles de Jésus aux apôtres : “ Ne vous procurez ni or, ni argent, ni cuivre pour vos bourses de ceinture, ni sac à provisions pour le voyage, ni deux vêtements de dessous, ni sandales, ni bâton ; car l’ouvrier mérite sa nourriture. ” (Mat. 10:9, 10) (Cela signifie, si je ne me trompe dans l’exégèse, que le travail est la seule source de subsistance : le travail qui rachète l’individu est la base de la grandeur du peuple).

HARMONIE COLLECTIVE – juin 25 1949

Les masses humaines organiquement constitué doivent être en harmonie, sans quoi elles ne parviendront pas à être des structures organisées. Cette harmonie doit être établie par une sensation uniforme, pour la connaissance générale et pour une action similaire. Pensez à ce qui arriverait à un homme qui marche vers une direction, son cœur, son âme, le poussant vers une autre direction. Comment peut-il atteindre son objectif si ses jambes se déplacent vers un sens et le corps vers un autre, comment vous voulez imaginer son arrivée. Avec les organisations collectives, il en va de même; vous devez leur donner une âme collective, de sorte qu’elles peuvent se déplacer d’une manière similaire et peuvent de même résoudre leurs problèmes. Pour eux, nous devons inculquer la connaissance de la façon dont ils bougent, évoluent et que la foule puisse agir harmonieusement. Enfin, nous devons établir comment ils doivent se déplacer et comment ils doivent procéder. Le premier, c’est ce qui donne l’âme collective, qui est la doctrine; la seconde, imprime l’ensemble, ce qui donne l’harmonie de l’ensemble, de sorte que vous pouvez marcher dans la direction que vous voulez et que sans vous en rendre compte votre âme et votre esprit vous guident.

LE TOURISME – 6 janvier 1948

Le tourisme doit être pour tout le monde. Chacun selon ses moyens, pour que tous aient un repos réparateur de son corps. Que l’esprit de tout le monde puisse profiter de la beauté de notre Patrie, qu’ils soient riches ou pauvres à égalité.

LES ACTIVITÉS SPORTIVES – 31 janvier 1948

Il est arrivé dans le milieu sportif où les différences disparaissent, il naît une camaraderie supérieure à toutes les autres et se forme un esprit supérieur et une grandeur d’âme, unique en son genre, où la seule chose que les hommes auront à faire, sera de conquérir. Les clubs sportifs sont l’école primaire de la grandeur spirituelle; de sorte que le gouvernement et la Nation sont tenus à l’obligation de promouvoir toutes activités, et de contribuer comme un travail gouvernemental. Dans cet esprit ce sera la grandeur du pays, il est inutile de chercher dans d’autres directions.

ÉVOLUTION DES PEUPLES – 19 février 1948

A l’évolution des peuples, on entend souvent la mention des réformes. C’est une belle façon de changements et de l’évolution de la vie en son sein qui permettent de l’exécuter. Dans les pays organiques (Ayant des lois constitutionnelles) de telles réformes doivent être menées avec cohérence absolue dans un but, une harmonie intransigeante et avec les moyens. Si de telles réformes n’obéissent pas à une absolue congruence (Terme employé par Carl Rogers pour indiquer une correspondance exacte entre l’expérience et la prise de conscience) et à cette harmonie qui ont souvent tendance à provoquer des événements qui nuisent à la stabilité organique, toutes les institutions humaines devront alors avoir pour pouvoir les réaliser des programmes et des plans de longue haleine. Donc, les réformes ne devront pas être trop éloignées afin qu’elles n’ôtent pas  à l’organisation sa perfectibilité, elles ne devront pas être si fréquentes afin qu’elles ne soustraient pas à la stabilité. Dans le panorama de la vie institutionnelle argentine le facteur de stabilité avait sacrifié, à mon avis, ce facteur de la perfectibilité organique. Cette évolution nous a amené à élever le prix des réformes globales représentant le  vrai programme que notre mouvement a développé jusqu’à présent, avec un succès flatteur comme cela avait été vu dans la perspective des mêmes réformes.

LE BONHEUR DU PEUPLE – 24 mars 1948

Certains disent que dans notre construction il y a un degré de sens impérialiste, mais se prétendre impérialiste dans un pays de 20 millions de personnes seulement c’est être tombé sur la tête (Expression espagnole : cabe en la cabeza de algún loco « tenir la tête d’un fou »)  et heureusement, je ne le suis pas encore. Notre impérialisme est en place, il est constructif: notre impérialisme est notre travail il est le fruit de ce travail pour le bonheur du peuple, nous avons proposé comme premier objectif et pour la grandeur de notre pays, que nos cibles soient également proposées comme un objectif plus lointain. Je ne sacrifierai pas le bonheur du peuple pour la grandeur future du pays, mais pas non plus, cette grandeur future pour un bonheur éphémère : sur  l’équilibre de ces facteurs se trouve l’ensemble de nos actions de gouvernement et toute notre conviction de patriotes et d’argentins.

SAN MARTÍN – 17 août 1948

La vie de San Martín (José de San Martin est un général argentin né le 25 février 1778 à Yapeyú et décédé en France à Boulogne-sur-Mer le 17 août 1850. Avec Simón Bolívar et Bernardo O’Higgins, il est l’un des héros des indépendances sud-américaines) est la plus glorieuse de tous les argentins de notre Histoire. La vie de San Martín est non seulement encensée d’être: elle est à imiter, afin qu’elle serve d’exemple à l’Argentine, et que sa mort puisse guider des millions d’argentins.

L’ÉDUCATION MORALE – 9 avril 1949

Quelque chose manque dans la nature quand concevoir est possible, comme Thomas Hobbes dans le Léviathan (Œuvre majeure sur la philosophie politique moderne) au Homo hominis lupus, l’état de l’homme contre l’homme, tous contre tous,  et l’existence comme une enceinte où la majorité peut être identifiée avec la pauvreté de l’oiseau de proie. Hobbes appartient à ce moment où les lumières de l’espérance évangélique socratique commencent à s’estomper devant les splendeurs froides de la Raison (Référence à Baruch Spinoza dont le célèbre Tractatus Theologico-politicus date de 1670 : Raison et déraison d’état), qui à son tour, ne tardera pas à embrasser le matérialisme. Quand Marx dit que les relations économiques dépendent de la division de la structure sociale et de la classe, donc l’histoire est tout simplement l’histoire des luttes de classes ; nous commençons à distinguer clairement dans ses effets, l’image de Léviathan. Il n’y a aucune chance de la vertu, pas même une trace de la dignité individuelle, où la nécessité de la lutte qui est essentiellement ouverte à la  dissociation des éléments naturels de la communauté proclamée. La Pensée le touche à  définir qu’il existe, cela dit, la différence des intérêts et la différence des nécessités, qui correspondent à l’homme diminuent graduellement, persuader de céder à ceux qui peuvent le faire et stimuler le progrès des derniers retardataires. Mais cette opération dans laquelle la société est occupée avec vicissitudes douloureuses sur plus un siècle n’a pas besoin du cri rauque de la menace, et beaucoup moins de sang, pour obtenir les résultats souhaités. L’amour entre les hommes aurait obtenu de meilleurs résultats en moins de temps, si on n’aurait pas trouvé les portes de l’égoïsme fermées, il en découle que l’éducation morale n’a pas été aussi intense pour dissiper ces défauts, lorsqu’ils furent les semailles des rancunes.

LA MATIÈRE ET L’ESPRIT – 9 avril 1949

Nous sommes passés de la communion de la matière et de l’esprit, de la règle pleine d’âme, à sa dissociation et à son annulation finale. En effet, malgré le flux et le reflux des théories, l’Homme, composé de corps et d’âme, de vocations, d’espoirs, de besoins et de tendances, reste-le même. Ce qui a changé, c’est le sens de son existence, soumis à des courants plus élevés.

SENS LOGIQUE DE LA VIE – 9 avril 1949

Ce qui caractérise les communautés saines et vigoureuses, c’est la mesure de leurs individualités et de sentir qu’elles peuvent produire collectivement. Dans le sens où la communauté vient d’en bas, pas d’en haut; cela est réalisable par l’équilibre, non par l’imposition. La différence est que comme la communauté est salutaire de la montée de l’individualité consciente, elle a des raisons profondes de survie, d’autres incarnent la stigmatisation de la timidité, les formes non naturelles de l’évolution, mais les parenthèses de la valeur historique est précisément son annulation. En considération, les valeurs suprêmes qui façonnent notre contemplation de l’idéal appellent deux grandes possibilités de falsification: une, est l’individualisme amoral qui prédispose à la subversion, l’autre à l’égoïsme, à revenir à l’état inférieur de l’évolution de la vie en essayant de dépersonnaliser l’homme dans un collectivisme atomisé. En réalité les deux opèrent un tour de passe-passe. Les facteurs négatifs de la première sont dérivés, vers la seconde, à une organisation supérieure. Le dédain spectaculaire devant la raison d’autrui, l’intolérance, ont seulement passé de mains en mains. Sous aucune liberté universelle dans leurs moyens ni leurs fins, sans éthique ni morale, il est impossible pour l’individu de créer leurs valeurs ultimes, par la pression des égoïsmes de certaines minorités. De même, dans le cadre du collectivisme matérialiste pris à sa conclusion logique, cette probabilité est soustraite – la grande probabilité d’exister – par une imposition mécanique dans une expansion continue et toujours hypocritement raisonnée. L’idéalisme hégélien et le matérialisme marxiste, en agissant sur des besoins et les calamités universelles ont profondément influé sur l’intention générale, ce qui constituent les directions dont la résultante sera prudente à établir. L’Histoire, et même de ses excès, ont extrait de précieux enseignements qui en aucune manière ne peuvent pas et ne doivent pas rester insensibles. Maintes fois et patiemment, j’ai cru pensé fondamentalement dans des espaces purement théoriques, un monde qui agit de son propre chef; mais si les fondamentaux sont diminués, un réglage pratique peut exercer une influence pernicieuse sur les actions ordinaires. Il est alors nécessaire d’arrêter à nouveau d’examiner notre absolue, et de nettoyer les excroissances et les ajouts superflus, pour un idéal apte à servir de points d’appui au sens logique de la vie.

LE CHRISTIANISME – 9 avril 1949

Il est la force qui clouait sur la place publique, comme une lance de bronze ; il est les limites, d’où il  n’existe pas d’inégalités innées entre les êtres humains, où l’esclavage est une institution déshonorante et dont il émancipe la femme; une force capable d’attribuer à l’homme la possession d’une âme sujette à l’accomplissement d’actes spécifiques supérieurs de la vie matérielle ; il est appelé à révolutionner l’existence de l’humanité. Le christianisme, qui a constitué la première grande évolution, la première libération humanisée, pourrait heureusement rectifier les conceptions grecques, mais cette rectification ressemblerait mieux qu’une contribution. Il a enrichi la personnalité de l’homme et a fait de la liberté, théorique et limitée jusqu’alors, une possibilité universelle. Dans une évolution ordonnée, la pensée chrétienne, qui a perfectionné la géniale vision des Grecs, pourrait plus tard appuyer ses emprises philosophiques dans la méthode de ceux-ci,  et accepter comme propres plusieurs de ses disciplines. Ce qui a manqué à la Grèce pour la définition parfaite de la communauté et de l’État, a été précisément, d’apporter, par le christianisme : l’homme droit, éternel, image de Dieu. De lui, passer déjà à la famille, au foyer, son unité de conversion en conglomérat qu’aux travers des villes intégrantes des États, et sur qui, elles reposeront les collectivités modernes.

LIBERTÉ ET RESPONSABILITÉ – 9 avril 1949

Ni la justice sociale ni la liberté, sont les moteurs de notre temps, et sont compréhensibles dans une communauté montée sur des êtres insatisfaits, à moins que nous ayons la manière d’une solution douloureuse, l’idéal ne se concentre pas dans le mécanisme omnipotent de l’État. Notre communauté, à laquelle nous devons aspirer, est celle où la liberté et la responsabilité ont une cause et un effet, dans lequel existe la joie d’être, fondée sur la persuasion de sa propre dignité. Une communauté où l’individu a réellement quelque chose à offrir au bien général, quelque chose à intégrer et pas seulement sa présence muette et timorée.

LA SOCIÉTÉ – 9 avril 1949

La Société sera en harmonie dans laquelle ne se produira aucune dissonance, la prédominance de la matière, ou un état imaginatif. Dans cette harmonie que préside la norme on peut parler d’un collectivisme atteint en surmontant, la culture et de l’équilibre. Dans un tel schéma n’est pas liberté, sans parole, parce que cela vient à déterminer la condition pour obtenir la somme des libertés, pour le statut éthique et moral.

LE CHEMIN DE LA PERFECTION – 9 avril 1949  

Le monde existe encore et existera alors quand l’homme se sera donné le choix, la capacité de réaliser ce qu’il appelle le Temple philosophique hindoue de la Paix (Référence à la Déesse Lakshmi dans l’hindouisme). L’homme posé devant son créateur, à l’échelle de magnitude, c’est à dire sa proportion. De ce Temple, il est possible de réaliser un Monde de la culture, et la voie de la perfection.

LE DROIT – 24 février 1947

Le droit de répondre à la réalité sociale de l’époque actuelle de leurs règles aide à maintenir l’équilibre des intérêts, logiquement et rationnellement, il est dérivé du concept de justice. Un éminent philosophe du droit a déclaré que le contenu d’un droit historique comme une série de désirs, les aspirations et les buts se produit toujours dans une situation historique spécifique, par un processus naturel. Le législateur élabore seulement la question historique que de la réalité même que la vie impose, et renonce à créer spontanément comme par magie, un statut juridique. Sa mission et sa puissance est limitée à traiter des états sociaux, comme offre la réalité.

LA DOCTRINE AU SERVICE DU BIEN – 25 Juillet 1949

La consolidation de la doctrine est la base de la consolidation du mouvement; lorsque la consolidation du cycle de mouvement sera finie. Les réformistes sont destinés à brûler leur temps. L’homme meurt; seul sans les idées qui pouvaient devenir. Les péronistes ne feraient  rien avec du vieux ou quelque chose déjà mort; la doctrine fera tout et conduira l’évolution du pays, l’adaptation de la doctrine au moment historique national, mettra de nouvelles forces pour de bonnes et de nouvelles façons de mettre en œuvre le service de nouvelles consciences. C’est un progrès; le schéma et la routine sont freinés, sont en retard; de cette façon il ne va pas disparaître. Pauvre Pays malheureux et si nous n’étions pas en mesure de comprendre quand le moment fatal arrivera !

 LA VOLONTÉ POPULAIRE – 25 juin 1949  

A l’intérieur du Parti Péroniste ce qui se traite est le suivant : dans chaque organisme tout est discuté, chaque discussion a ses propres idées et sont défendues  avec toute la chaleur et l’énergie, mais quand elles sont votées, elles triomphent sur les autres, et les péronistes de dire : « vous êtes nombreux, mais nous haussons les épaules et nous vous aiderons, même si d’avance nous n’étions pas tous d’accord ». Parce que ce monsieur ! Qui dans un corps associé veut toujours faire sa sainte volonté, ne sert pas obligatoirement ces corps associés. Il faut le mandater à celui qui fait le dictateur, en d’autre terme. De manière qu’il soit nécessaire d’obéir à ce que la majorité résout, parce que c’est la manière unique. Dans les milieux démocratiques, il est bon de faire accomplir la volonté populaire.

QU’EST-CE QUE LE PÉRONISME ? – 20 août 1948

Qu’est-ce que le péronisme ? Quelques législateurs l’ont demandé dans le Congrès, il y a peu de jours. Le péronisme est humaniste dans l’action ; le péronisme est une nouvelle conception de la politique, qui écarte tous les malheurs de la politique antique : c’est une conception, dans le social, qui égale un peu les hommes, qui leur octroie des possibilités égales et un avenir qui les rassure que dans cette Terre il n’y ait aucun qui n’a pas ce dont il a besoin pour vivre, même s’il est nécessaire que ceux qui gaspillent les mains pleines ce qu’ils ont, ne disposent pas de ce droit, au détriment de ce qu’ils n’en ont pas; l’économie, procure à toute l’Argentine, et pour tous les argentins et remplace la politique économique qu’elle disait être une école permanente et parfaite d’exploitation capitaliste, par une école d’économie sociale où la distribution de notre richesse, que nous arrachons à la Terre et que nous élaborons, peux être distribué proportionnellement entre tous ceux qui interviennent pour la réaliser avec son effort. Cela est le péronisme. Et le péronisme s’apprend, il ne se dit pas : il se sent ou il ne se sent pas. Le péronisme est une question de cœur plus que de la tête ; à fortiori, je ne suis pas les présidents qui s’isolent mais je vis avec le peuple, comme j’ai toujours vécu; de manière à ce que je partage avec le Peuple travailleur toutes ces vicissitudes, tous ces succès et tous ces tracas. Je sens une satisfaction intime quand je vois qu’un ouvrier est bien vêtu ou assiste avec sa famille au théâtre. Je serais dès lors satisfait quand je me sentirais dans la même situation que l’ouvrier. Cela est le péronisme.

UNE SEULE CLASSE D’HOMMES – 20 août 1948

Je n’ai jamais conçu la possibilité que dans le monde, il y ait des groupes d’hommes contre des groupes d’hommes, des nations contre des nations, je peux moins concevoir que parce que les hommes pratiquent un culte distinct, ils peuvent être des ennemis. Comment pourrait-il être accepté, comment pourrait-il s’expliquer qu’il existait un antisémitisme en Argentine ? En Argentine il ne doit y avoir plus qu’une seule classe d’hommes : les hommes qui travaillent pour le bien national, sans distinction. Sont bons argentins, n’importe lequel d’entre-nous, quelque soit d’où il vient, sa race ou sa religion, s’ils travaillent quotidiennement pour la grandeur de la Nation, et sont malins argentins, ceux qui  parlent ou crient beaucoup, et qui ne mettent pas tous les jours une pierre pour construire l’édifice du bonheur et la grandeur de notre Nation. Cela est la chose unique que l’Argentine doit différencier entre les hommes : ceux qui construisent et ceux qui ne construisent pas : ceux qui font le bien au pays et ceux qui ne le font pas. Pour cette raison dans cette terre très libre, tandis que je suis Président de la République, personne ne poursuivra personne.

DROITS ET GARANTIES INDIVIDUELLES – 11 septembre 1948

L’Argentine se trouve au centre des nations qui ont informé la nécessité de la transformation, spécialement dans les aspects sociaux et économiques. Les droits et les garanties individuelles ont une forte action de rendre inaliénable les idées de la Révolution Française, elles ont perduré aussitôt et elles affirment la dignité humaine et la liberté des hommes. Le principe n’est pas modifié par le fait que la liberté de chacun a doit être limitée par la liberté des autres, ni non plus parce que s’accentue la nécessité de défendre l’intérêt collectif au-dessus de l’intérêt privé. J’ai pris par exemple, la liberté corrélative au droit de propriété à s’entendre, se comprendre par le concept de la fonction sociale.

LE MONDE DU FUTUR – 5 octobre 1948

Le monde du futur sera seulement pour ceux qui possèdent les vertus que Dieu a inspirées comme le Nord terrestre dans la vie des hommes. La République argentine est le produit de la colonisation et de la conquête hispanique, qu’elle a apporté comme une sœur jumelle à notre terre, en une seule volonté, la Croix et l’épaule pour la porter. Et dans les moments actuels, il semble que l’on recommence à former cet ensemble extraordinaire de forces spirituelles et de pouvoir, que représente les deux plus grands attributs de l’humanité : les Evangiles et l’épaule pour les porter (Expressions typiquement espagnoles attribuant à Croix et Evangiles, l’épaule qui soutien avec force le poids du Monde).

LA DOCTRINE CHRÉTIENNE – 5 octobre 1948  

L’impérialisme russe défend le communisme, il faut le dire, c’est l’exploitation de l’homme par l’État. L’autre groupe défend le capitalisme, il faut le dire, c’est l’exploitation de l’homme par un autre homme: je ne crois pas que pour une humanité un des deux systèmes peut subsister dans l’avenir. Il est nécessaire d’aller vers un autre système, où l’exploitation de l’homme n’existe pas, où nous sommes tous collaborateurs d’une œuvre commune pour le bonheur commun, il faut le dire, la doctrine essentiellement chrétienne, sans laquelle le monde n’aurait pas trouvé de solution, ne la trouvera pas non plus dans le futur, et parce que je ne crois pas que, pour résoudre les misères, le meilleur moyen soit la guerre, produisant les plus grandes misères. Je ne crois pas non plus que, pour résoudre les problèmes qu’a le monde, qu’on puisse s’accrocher aux solutions qui ont échoué dans les faits, parce que le capitalisme a échoué et le communisme aussi. Ce sont des systèmes dépassés par les faits, ils luttent pour une chose que le monde, même dans plusieurs siècles ne pourra pas adopter. À cette position,  c’est celle que j’appelle dans ce pays : la « troisième position » ou bien le justicialisme.

LA LIBERTÉ – 11 octobre 1948

La question substantive que nous nous devons nous poser est celle de la liberté. Mais certainement pas cette liberté fictive avec laquelle les agitateurs trompent fréquemment l’humanité, la grande liberté n’est pas, avant tout, l’autodétermination devant la responsabilité. La liberté niaise permet de faire à chaque instant ce que nous désirons, elle nous permet de choisir entre les diverses possibilités que l’homme peut préférer et varier. Mais si à l’homme, on lui ferme tous les chemins, excepté si on le convainc qu’il n’existe plus qu’une manière de sentir, de penser et d’agir, cet homme renonce fatalement à être libre; c’est simplement l’instrument mécanique d’une doctrine supérieure, d’une force absolue. C’est l’épée d’une intransigeance comparable seulement avec les pires absolutismes de l’Histoire.

PROPAGANDE TENDANCIEUSE – 11 octobre 1948

Sans liberté, il n’y a pas, il ne peut pas y avoir une vraie expression de l’intelligence humaine, comme il n’y aura pas d’art dans l’agonie des forces naturelles de l’inspiration. De quelle liberté peut-on jouir, avec une pensée emprisonnée par de nouvelles propagandes tendancieuses ? Cette propagande avance tous les jours, comme une muraille immense qui nous cache la vérité; elle nous laisse en liberté physique, mais elle nous emprisonne à l’intérieur de la muraille de la propagande, elle dit combien il convient à ses intérêts, mais rien aux intérêts publics.

LA VÉRITÉ ET LA LIBERTÉ – 11 octobre 1948

N’oublions pas que le corps est matériellement alimenté seul, par la personnalité, l’esprit, la pensée humaine, ce ne sont pas que des idées, mais une connaissance un transformateur. La liberté n’est pas pleinement configurée dans la vérité, la vérité est seule et universelle. Le moment est difficile et personne n’échappe à la rigueur de son incident. Ils abondent, par fortune, les hommes et les peuples qui se sont imposés comme un idéal fondamental : la défense de cet idéal de liberté. Une expérience a enrichi son concept après nous avoir dicté que celle-ci ne se produit pas où il manque une conscience adroite de la responsabilité. Le roman, le théâtre, le cinéma sont les académies modernes où les peuples apprennent à penser, à sentir, à créer son intime idéal, à représenter sa vie idéale et à se situer devant la réalité du monde environnant. Son esprit élève le spectacle moral, de la même façon que l’avilissement, que la vision malhonnête de l’image. D’une scène heureuse, de quelques mots rapidement prononcées, dépend parfois la structuration morale de beaucoup d’êtres, dont la formation intellectuelle n’est pas capable de résister aux effets momentanés de l’art. Il y a ici un concept de responsabilité qui est apprêtée à celui de liberté, le concept qui ne se rapporte certainement pas seulement à la morale, parce qu’il comprend l’éthique, la formation du père, du citoyen, de l’homme qui respecte la loi et a une hauteur sentie de la cohabitation. Il est difficile de s’en tenir à chaque instant, surtout quand le tourbillon de l’inspiration envahit le créateur, les maximes sociales et éthiques et la solution du plus pédagogique des recours. Mais il n’y a pas de doute à ce que plus de concept élevé de la responsabilité empêche toujours l’égarement. Aujourd’hui, quand la liberté se trouve menacée, lorsque beaucoup de peuples souffrent de violence, quand tout parait comploté pour retenir et éteindre la flamme fertile du caractère, précisément, quand avec plus d’intérêt la vérité doit formuler le monde du problème de la liberté et de la responsabilité et avec plus d’ardeur elles doivent aux intellectuels, consacrer son existence et son œuvre au triomphe de la dignité humaine. Elles essaieront de diviser la pensée en dogmes pour tout de suite asservir ceux qui restent authentiquement libres, parce qu’elles ne pourront rien si ceux-ci, sont pleinement conscients de sa mission élevée, et qu’ils se maintiennent infatigables dans la brèche.

LA LIBERTÉ INDIVIDUELLE – 25 octobre 1948

Dans un système tel que celui préconisé par les constitutions du siècle dernier, la liberté individuelle a établi le vrai déséquilibre entre les hommes qui détiennent le pouvoir ou de l’influence et les hommes qui sont privés de tout pouvoir et de toute influence. Et la loi dit:  » Vous êtes égaux. » Et je vais mettre en conformité la loi pour quelle leur dise qu’ils sont égaux, tandis que je regarde chaque jour, qu’elle ne peut pas exister dans une plus grande inégalité, entre ce potentat (Personne disposant d’un pouvoir important en raison de sa richesse et qui en use de façon despotique) qui achète la loi, qui achète le juge, qui achète l’avocat et l’autre pauvre diable qui ne peut même pas acheter pour manger. Ah ! Mais ils ont une liberté ! La liberté d’exploiter l’autre et l’autre n’a qu’une seule liberté : de mourir de faim !

LES LUTTES CONJOINTES – 13 novembre 1948

Je me bats pour le changement dans notre pays, l’esprit individualiste, parce que je pense que c’est un complexe d’infériorité. Une des plus grandes vérités de l’homme moderne est de donner son ego, que je partage avec les autres; et que l’école est celle qui va nous conduire à la victoire. Notre race latine de génie profond et large, est passée au second ordre de l’humanité parce qu’elle n’a pas réussi à former des équipes et à lutter ensemble. D’autres personnes, peut-être avec moins d’intelligence que la nôtre, travaillant par équipe nous ont dépassés. C’est la réalité et la vérité. A notre peuple il faut que vous changiez le sens individualiste pour que travailler par équipe, permette de surmonter l’esprit d’infériorité.

LES HOMMES DE 49 – 1 mai 1949

Les hommes d’un autre temps, influencés par de nouvelles idées et de nouveaux modes de vie, verront la nécessité de modifier les dispositions de la nouvelle Constitution, pour régler ses préceptes et pour à nouveau définir les contours qui semblent déjà floues et pâles. Il serait injuste de prétendre que notre travail soit immortel, mais la bonne foi avec laquelle ont agi tous ceux qui ont participé aux réformes en cours nous permet d’espérer que, lorsque de nouvelles réformes seront nécessaires, les hommes de 49 mériteront le même respect et la même vénération que nous avons ressenti et proclamée pour les hommes de 1853.

RÉFORME CONSTITUTIONNELLE – 1 mai 1949

La Constitution de 1853, en dépit de sa bonté intrinsèque liée à l’époque de son adoption, a été dépassé dans de nombreux efforts nationaux extrêmes, et entravent donc les nécessaires changements urgents. Si en proclamant sa réforme, une responsabilité existait, je la prendrais totalement pour moi et je ne veux pas partager même avec ceux qui depuis de nombreuses années sont venus affirmer la même chose, et qui maintenant, par la passion politique, veulent voir celui qui touchera un point ou à une virgule, cela signifie une attaque à nos traditions et à nos héros. Et comme un amendement à un texte constitutionnel est un fait historique, la responsabilité susmentionnée sera prise à la fois avant le jugement de mes contemporains et avant le jugement de l’histoire.

NÉCESSITÉ DE LA RÉFORME CONSTITUTIONNELLE – 1 mai 1949  

Il est inutile de s’engager à soutenir que la Constitution de 1853 n’a pas été l’obstacle pour le développement de l’Argentine. L’argument est capricieux pour de multiples considérations, deux d’entre elles sont fondamentales : l’évolution de l’Argentine, comme dans tout le Monde, a eu lieu depuis une moitié du siècle passé jusqu’à la deuxième décennie du présent à l’intérieur de la même tendance ou l’orientation politique et économique, a montré que dans les trente dernières années les questions sociales acquéraient une importance capitale et portaient au monde une transformation complète : que n’importe quel texte légal soit bon, à n’importe quelle éventualité, chaque fois que l’on est disposé à l’ignorer ou à le transgresser avec des apparences légales quand des impératifs de la réalité l’exigeront. Dans cette deuxième apparence, deux positions distinctes résident à la manière de considérer la fonction publique. Pour les uns l’essence de la loi n’a pas une très grande importance parce que l’intéressant est d’arbitrer les manières (en couvrant toujours les formes externes) de l’appliquer dans son propre profit et dans un préjudice d’autrui. Indifféremment que la loi électorale soit bonne ou mauvaise, parce que adoptant la position que nous pourrions appeler  « un formaliste » c’est de la fraude, cachée si on veut et effrontée si on ne veut pas, que la norme soit vraiment directrice du suffrage. Il ne sert à rien qu’une législation sociale d’apparences protectrices des ouvriers, si tout de suite elle dispose des organismes d’application suffisante, doit être ignorée ou sert à nettoyer les droits des travailleurs. Par cela quand nos adversaires affirment que la Constitution antérieure était assez ductile comme pour permettre le déroulement social du pays, ils disent une vérité de leur point de vue, parce que ce n’était toujours pas un obstacle à l’évolution qu’ils dirigeaient dans un sens déterminé, il faut le dire, ils se maintenaient toujours à l’intérieur des concepts prédominants du siècle passé en matière politique, économique et sociale.

RESPECT DE LA LIBERTÉ INDIVIDUELLE – 1 mai 1949

L’espérance à la liberté individuelle ne peut pas être, dans une conception moderne, un droit illimité, non déjà parce que ce droit est harmonisé avec les autres mais parce que dans aucun cas il y a été utilisé comme l’élément de lutte contre l’essence même de la liberté. Uniquement sous la protection d’un libéralisme inconscient et incontrôlé, le respect de la liberté individuelle est devenu possible, par la propagande de régimes de despotisme qui ont fini par l’implantation, de nations de type démocratiques, et des systèmes de tyrannie de gauche comme de droite. Si de telles possibilités n’inquiètent pas, alors, vous ne voyez pas la sûreté de se prémunir contre ce libéralisme, mais il sera, parce que dans le fond,  ils le désirent et dérangent la dictature capitaliste ou la dictature prolétaire, soyez ainsi la position qu’ils occupent à l’intérieur de l’organisation sociale.

LA VOIX DE L’ARGENTINE – 11 avril 1949

L’argentine s’est placée dans le chemin du monde. L’Argentine affirmera maintenant sa vérité permanente. L’argentine dira son inquiétude quotidienne, sa résolution vitale, son apport méthodique au progrès général des peuples. Cette voix que nous lançons vers l’horizon est la voix d’une Nation qui peut se permettre d’écouter et qui veut se permettre d’écouter ayant recours au fond  incorruptible d’efficacité qui existe dans la vérité. Cette voix argentine arrivera à l’étranger, sans retracer les nuances grossières. Cette voix arrivera avec un accent légitime, direct, en parlant  aux autres, comme je parle habituellement, loyal mais implacable, parce que la bonne foi des causes se connaît par le coin des obstinations. Et notre obstination est l’obstination naturelle de l’homme qui sait où est son chemin et il se résout à le suivre, en jetant l’interprétation tendancieuse, le mensonge caché et de grandiloquence. Notre voix est la voix de la foi dans le destin futur de l’homme, conçu comme créature avec le droit aux prérogatives inaliénables. De travailler et de disposer du fruit de son travail. De prévoir et de se prémunir. D’avertir, de communiquer périodiquement son expérience vitale humanisée. Nous forgerons de nouveaux hommes et cette voix argentine aura chaque jour son optimisme de sa création, sa joie d’essai, son réalisme, sa sincérité.

L’UNIVERSITÉ ET LA LIBERTÉ – 9 avril 1949

J’ai dit dans une opportunité, et veux le répéter aujourd’hui devant les garçons de cette Université, que l’Histoire de l’humanité en est le texte qui a souffert de la liberté dans le monde, il faut le dire, que c’est le texte de la tragédie et de la liberté de l’Homme et des Peuples durant les siècles que l’humanité a vécus. Si cette liberté est d’avoir son drapeau levé pour qu’elle ne soit jamais abattue, alors, nous devons le trouver dans toutes les  universités argentines. C’est là où le feu sacré de la lutte doit être pour la liberté de l’homme par la liberté de la Patrie. Si dans l’Université Argentine, la liberté n’était pas ardente et fougueuse, cela sera une blessure, et il est probable que le destin nous annoncera la caducité de notre Patrie. En attendant il y a des universités qui lèvent ce drapeau de liberté et qui sont décidées à se surpasser, pour qu’elles se prolongent dans le temps, pour que notre Nation soit libre et soit grande.

UNE PERFECTIBILITÉ CONSTITUTIONNELLE – 19 mai 1948

La réforme de la Constitution Nationale est une nécessité imputée à notre époque, et pour les nécessités d’une meilleure perfectibilité organico-institutionnel. Bien que grand était le sens de prévision de nos constituants, le monde a évolué d’une manière telle, que combien établissaient il y a un siècle, qu’ils ont dû être influé par la force de nouveaux événements décisifs. L’évolution est pour les peuples un agent de rajeunissement indispensable et permanent, et bien que la stabilité constitutionnelle doit imposer un esprit de prudence devant toute réforme aussi nécessaire, en faveur de la perfectibilité constitutionnelle, ne pas s’accrocher ou dépasser les bornes dans le maintien de prescriptions archaïques ou inconduites, pour avoir été dépassé par le temps et par les faits, au seul effet de maintenir un respect et une prudence qui peuvent être préjudiciables pour le Peuple et pour la République.

NOUVEAUX CONCEPTS – 27 janvier 1949

L’évolution et les peuples sont de simple échange de transcriptions naturelles, ils dénaturalisent le sens de la législation dictée pour les hommes à une époque déterminée. Fermer le pas à de nouveaux concepts, de nouvelles idées, de nouvelles formes de vie, il reviendrait à condamner l’humanité à la ruine ou à la stagnation. Au peuple, ne peut se fermer les chemins de la réforme graduelle de ses lois : on ne peut pas m’empêcher d’avoir extériorisé sa manière de penser et de sentir et je les ai incorporés aux corps fondamentaux de sa législation.

LA DÉFENSE DE LA LIBERTÉ – 27 janvier 1949

Oh ! Nous aurions fait attention à rien si, pour rendre sa vraie vie au peuple argentin, il avait été précisé de radicalement transformer la structure de l’État; mais, par la fortune, les grands qui nous ont donné un honneur, la Patrie et le Drapeau et ceux qui ont structuré plus tard les soubassements juridiques et nos institutions, ils ont marqué la sente qui doit indéfectiblement se suivre pour interpréter le sentiment argentin et pour le conduire avec un pas ferme vers ses grandes destinations. Cette sente n’est pas celle précédemment citée, mais elle est que la liberté individuelle, de base de la souveraineté; nous avons à soigner que l’abus et que la liberté individuelle ne lèse pas la liberté des autres et que la souveraineté ne se limite pas au politique mais qu’elle gagne sur l’économique ou, plus clairement dit, que, pour être libres et souverains nous ne devons pas respecter la liberté de ceux qui l’utilisent pour faire de nous des esclaves ou des serfs. Par instinct de conservation individuelle et de collectif, par le devoir sacré de défendre le citoyen et la Patrie, nous ne devons pas rester sans défense devant n’importe lequel qui, en se vantant de son droit à la liberté, veut attenter à notre liberté. Celui qui, tel prétendrait aura à heurter la muraille que tous les cœurs argentins opposeront.

LE MESSAGE A LA POSTÉRITÉ – 27 janvier 1949

Avec les réformes projetées par le Parti Péroniste, la Constitution acquiert la consistance dont aujourd’hui elle eut besoin. Nous avons déchiré le vieux parchemin déclamatoire que le siècle passé nous a transmis; avec une sobriété spartiate nous écrivons notre court message à la postérité, le reflet de l’époque que nous vivons et la conséquence logique des dérivations qui avaient expérimenté les termes utilisées en 1853. Le progrès social et économique et les régressions politiques que le monde a inscrites dans les cent dernières années ont créé des nécessités inéluctables : ne pas s’en occuper, en pourvoyant à ce qu’il correspond, revient à abroger les termes dans lesquels ils ont été conçus par ses auteurs.

LES PRINCIPES DE VALEUR – 27 janvier 1949

Il faut avoir la valeur de reconnaître quand un principe accepté comme immuable perd son actualité. Bien que l’on s’appuie sur la tradition, sur le droit ou sur la science, on doit le déclarer caduc tôt et réclamer la conscience du peuple. Maintenir un principe qui a perdu sa virtualité, revient à soutenir une fiction.

LE PEUPLE ARGENTIN – 11 janvier 1949

Un peuple argentin, plein de sincérité et de patriotisme, détaché, sans les ambitions seulement la lutte pour la grandeur de notre terre ; le peuple argentin nous a démontré sa loyauté et sa grandeur : le peuple argentin a démontré, tout au long de l’Histoire, que quand on ne le trompe pas il ne trahit jamais ses présidents; un peuple argentin, finalement, arrive aux seuils de cette réforme de la Constitution et livre à ses représentants l’autorisation de modification, l’assurance dont ils sauront l’interpréter et accomplir ses désirs.

LA LIBERTÉ, LA JUSTICE ET LA SOLIDARITÉ – 11 janvier 1949

Je crois que la formulation ancienne de la liberté, d’égalité et de fraternité, en nos jours, doit être changée pour celle de liberté, de justice et de solidarité, de manière à mettre à jour le concept de cette liberté, conjuguée à l’impulsion d’autres sentiments que l’égoïsme et l’individualisme. Cette liberté, conjuguée ainsi, peut être effective. De toute manière c’est un mensonge et les peuples trompés réagissent tard mais violemment. Ce que nous voulons éviter à la République consiste qu’au vu et face à cette réaction tardive mais violente, qu’il n’y ait pas la destruction de valeurs car n’est pas ce que nous conseillons pour la République.

LA RÉFORME ÉCONOMIQUE, POLITIQUE ET SOCIALE – 11 janvier 1949

Il s’impose une réforme politique, une réforme économique et une réforme sociale que nous soutenons depuis beaucoup de temps et que le peuple argentin a acceptée comme son propre programme d’action. Pour cela les masses populaires argentines se sont consacrées au péronisme et l’ont voté dans une proportion inégalée dans toute l’histoire politique de la Nation. Elle ne découle pas des hommes; elle ne découle de rien. Elle est dû simplement à ce que nous avons fidèlement interprété, à ce que nous avons su mettre à l’action de cette interprétation populaire et à ce que nous avons su réaliser, l’œuvre à laquelle le peuple aspire, avec les principes que tout soit conforme.

LA CONSTITUTION DE 1853 – 11 janvier 1949

La vertu est la plus extraordinaire sur laquelle s’appuie la Constitution de la Nation Argentine du 1853, par consensus, sur la synthèse suprême qu’elle a réalisée pour donner le fondement constitutionnel dans le nombre si peu abondant d’articles, qui expriment dans une forme complète tout ce qu’une constitution doit contenir. J’ai voulu respecter cette synthèse parce que, évidemment, la Constitution de 1853 a été faite par des hommes extraordinairement intelligents. En la comparant à beaucoup d’autres institutions ampoulées, détaillées, prescriptives et réglementaires, affaiblissant le concept de ce qui doit être une constitution, j’affirme que cette constitution  argentine a été réalisée par des hommes qui ont laissé le timbre de leur intelligence évidente dans cette synthèse merveilleuse de cent dix articles qui ont été de nombreuses fois analysés, apparaissant plus grands et plus parfaits. J’ai voulu respecter cette synthèse et je veux rendre un culte à l’intelligence de ces hommes qui ont su arriver à elle, pour donner une idée générale de fond dans les conceptions constitutionnelles argentines, qui pouvaient être interprétées et être réglementées par la législation au compte du Congrès de la Nation. Ce serait un crime de détruire cette idée d’intelligence de notre Constitution et pour cette raison, nous n’avons pas seulement à respecter son texte mais, à l’intégrer dans les nouvelles prescriptions constitutionnelles, juste à la même synthèse que les constituants de 1853 ont fait, parce que nous ne voulons pas que dans l’avenir nous estimons comme hommes que nous n’avons pas su nous mettre à la hauteur de la capacité de ceux qui ont réalisé ce chef-d’œuvre de droit constitutionnel.

ASSURER L’EGALITÉ – 11 janvier 1949

On avait soutenu jusqu’à présent que tous les argentins étaient égaux devant la loi – et il s’est cru assurer – que cette égalité en donnant à chacun la liberté de procéder pour sa liberté et contre la liberté et au nom des autres, avait pour effet que l’égalité depuis ce moment résultait une inégalité. Je crois que cette égalité en face de la loi doit être conditionnée aux possibilités de sa réalisation, en compensant les faiblesses naturelles d’un secteur par les droits qui les mettent à couvert contre toute progression des autres secteurs de plus grande influence ou de plus grande puissance économique. Elle surgit de cela, la nécessité d’équilibrer les actuelles inégalités économiques avec des droits minimaux, pour que l’homme ne soit pas soumis aux abus de l’autre secteur plus puissant ou influent.

Traduction de l’espagnol par Eric Cosenza pour le Forum du Patriotisme Social

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