Égalitarisme et émotivité

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Il a perdu le sens de l’ordre et de l’honneur. Toutes choses deviennent égales pour lui : bien et mal, vertus et vices, plaisirs nobles et plaisirs bas. Privé de commande ferme – comme l’État populaire – il se livre tout entier à la tentation du moment, au désir qui le sollicite, au vain caprice qui l’entraîne. Esclave de ces maîtres innombrables, il est, au plein sens du mot, l’homme démocratique : frivole, léger, incapable de logique dans la délibération et de persévérance dans l’effort. Sa vie, qu’il estime libre et heureuse, offre en réalité le spectacle d’une décevante anarchie. Et sans le savoir, il tisse la trame des maux qu’il redoute le plus.

Platon

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