Grégory Gennaro : « Le patriotisme social c’est une nouvelle philosophie de la vie »

0
1 242 vues

Propos recueillis par Constance Dauer

En avril 2014, nous avons vu apparaître le club « Forum du patriotisme social ». Quel bilan en tirez-vous après ces quelques mois d’existence ?

Il est toujours difficile de tirer un premier bilan seulement après quelques mois d’existence. Néanmoins, les premiers indicateurs positifs sont bien réels.

Notre présence sur les réseaux sociaux se développe progressivement. Les consultations quotidiennes et mensuelles sur notre site sont en augmentations constantes. Nous allons lancer prochainement notre forum d’échanges et de débats.

Plusieurs projets collectifs sont en cours d’élaboration. Deux projets vont se concrétiser prochainement. Il s’agit de la rédaction et de la publication d’un livre qui regroupera plusieurs textes rédigés par nos camarades et dont la thématique consiste à définir ce qu’est le patriotisme social au vingt-et-unième siècle.

L’autre projet consiste à doter les patriotes sociaux d’un organe de presse. Nous avons donc l’ambition d’éditer un journal qui devrait s’appeler « Patrie sociale ».

Notre ambition réside dans notre volonté de faire émerger une nouvelle génération de militants mais également de nouvelles idées  pour tenter de répondre aux défis et aux enjeux de notre époque. De toute évidence, les militants du patriotisme social veulent être un aiguillon politique et intellectuel pour les citoyens et peser dans les débats publics.

Le Forum du Patriotisme Social est une dynamique collective qui se veut être un acteur majeur dans l’émergence d’une nouvelle intelligentsia humble et innovante. Nous voulons que les citoyens s’engagent, se politisent, s’expriment et s’émancipent.

C’est dans ce sens que nous œuvrons politiquement.

La notion de patriotisme social est intéressante à plusieurs égards. Pouvez-vous nous dire, selon vous, ce qu’est le patriotisme social en France et au vingt-et-unième siècle ? 

Le patriotisme social c’est un mouvement politique et intellectuel avant-gardiste qui s’engage pour réaliser une synthèse originale entre les traditions et la modernité, entre notre Histoire et les exigences du monde d’aujourd’hui. C’est participer au mouvement de l’histoire, c’est-à-dire écrire le monde ensemble, éveiller le monde ensemble, et non subir les désirs mortifères d’une minorité qui cherche à étouffer la vie et l’humain.

Le patriotisme social c’est le refus de se soumettre à la barbarie sous toutes ses formes : la sous-culture, le consumérisme, l’argent-roi, l’individualisme, l’égoïsme, l’esclavagisme moderne…

Le patriotisme social c’est la lutte contre les injustices : être traité et traiter ses semblables comme des êtres humains et se battre pour un idéal d’unité, de justice et de progrès pour la France et pour le monde.

Le patriotisme social c’est l’engagement des hommes et des femmes dans un combat politique noble, chez nous cela consiste à se mettre au service de l’ensemble, soyons clair cela implique de savoir sur quelle base nous partons, et ici la base est la confiance et l’amour, cela est simple mais pas simpliste, cela implique de ne pas mentir ni violer aucuns principes éthiques car notre conviction profonde réside dans le fait qu’aucune force, quelle qu’elle soit, ne peut étouffer la vérité et les idées.

Le patriotisme social c’est la défense des principes d’unité, d’indépendance, de patriotisme, de justice, d’humanité, de fraternité, d’égalité et de liberté.

Le patriotisme social c’est la volonté et le courage de défier de puissantes forces dominantes à l’intérieur et à l’extérieur du cadre social et national. C’est voir naître une France socialement juste, économiquement libre (dans le sens libérée des influences étrangères) et politiquement souveraine.

Le patriotisme social c’est la voie pour tous ceux et toutes celles qui préfèrent le goût pour l’aventure et l’engagement collectif. C’est aspirer à d’autres horizons de grandeur et d’humanité mais également de nous émanciper par nous-mêmes et par nos propres efforts. C’est croire en quelque chose qui nous dépasse spirituellement.

Le patriotisme social c’est le refus des honneurs, des intérêts, des privilèges, de la reconnaissance sociale. C’est être un humain libre et ne rien mettre au-dessus de la liberté. C’est défendre les valeurs dans lesquelles on croit au prix de tous les sacrifices : c’est la modestie, le désintéressement, l’altruisme, la solidarité et l’héroïsme.

Le patriotisme social c’est la voie du changement, c’est choisir au-delà des factions, des passions et des intérêts particuliers, en signe de résistance, en gage d’idéal de vie, le réel plutôt que l’artificiel, l’hériter plutôt que l’inventer, la nation, les traditions et notre peuple écho des âges et du brassage des cultures car en effet la France est un carrefour ouvert sur le monde, plutôt que le repli identitaire, l’agressivité communautaire ou le rejet de l’autre.

Le patriotisme social c’est l’expression du sens de l’engagement, du choix des responsabilités et du choix du réel. C’est faire le choix en conscience de placer notre patrie sociale et nos valeurs universelles et humanistes au cœur de notre engagement et de nos principes !

Le patriotisme social, au vingt-et-unième siècle, c’est tout simplement une force qui veut bâtir la patrie sociale, défendre son peuple, ses valeurs, sa culture et ses traditions face à des puissantes forces qui œuvrent à l’uniformisation du monde, au nivellement vers le bas de nos modes de vie mais également à la destruction de l’humanité. Le patriotisme social c’est une nouvelle philosophie de la vie : simple, pratique, populaire, profondément spirituelle et profondément humaniste. C’est cette identité qui caractérise notre lutte sociale et patriotique : un engagement pour l’humain, la dignité, l’indépendance !

L’élection présidentielle brésilienne semble avoir rejouée les deux vénézuéliennes de 2012 et 2013 entre une candidature gouvernementale de gauche nationale (Rousseff) et un contre-feu libéral, plus ouvert aux influences de l’Occident (Neves). Quelle est votre sentiment ?

Les patriotes sociaux saluent la victoire de notre camarade, Madame Dilma Rousseff, qui vient de remporter une victoire éclatante à l’élection présidentielle brésilienne. Sa victoire est celle du peuple, des travailleurs et de la patrie sociale brésilienne. Ce nouveau triomphe du patriotisme social et des forces progressistes en Amérique Latine porte un mauvais coup, pour notre plus grande satisfaction, à l’offensive agressive et à l’attitude belliqueuse des forces politiques alliées aux puissances de l’argent, de l’OTAN et de l’Occident dans cette partie du monde, et cela malgré une violente campagne de diffamations et d’une série de luttes féroces.

La victoire est éclatante puisque les patriotes sociaux sont majoritaires dans le Minas Gerais, second collège électoral et fief politique du chef de file de l’hyperclasse, Monsieur Neves (52,4 % contre 47,6  %), mais aussi dans l’Etat de Rio de Janeiro avec plus de 54 % des voix, troisième collège électoral.

Depuis son accession au pouvoir, Madame Dilma Rousseff a multiplié les offensives sociales mais aussi amplifié les programmes sociaux qui bénéficient à un quart des 202 millions de Brésiliens, lui valant un large soutien dans les couches populaires et les régions pauvres du Nord-Est. Depuis douze ans, les patriotes sociaux du Brésil ont œuvré sans relâche pour sortir le pays de la misère et de la crise sociale et économique. Ainsi, les programmes sociaux ont sorti 40 millions de Brésiliens de la pauvreté. Les combats et les réformes sociales de Madame Dilma Roussef seront donc poursuivis. Et c’est tant mieux !

Une fois encore, l’Amérique Latine montre la voie à suivre dans notre lutte sociale et patriotique. Chavez suivit par Maduro au Venezuela, le Général Péron suivit par Kirchner en Argentine, Moralès en Bolivie, et d’autres encore, sont les pionniers de cette aventure qui vise à libérer le continent sud-Américain de l’influence américaine, de la finance internationale et des réseaux pro-occidentaux.

La résistance qu’incarne Dilma Rousseff dans son pays pour s’opposer frontalement à l’hégémonie de la finance et à Washington, trace, en réalité, la voie à suivre à travers le monde : celle de l’autodétermination des peuples et des nations, celle de la sauvegarde de nos souverainetés sociales, territoriales et populaires.

Cette nouvelle victoire que viennent d’enregistrer les patriotes sociaux au Brésil confirme qu’il y a comme un vent de liberté et de changement qui se dessine et se concrétise partout à travers le monde.

Que vous inspire la récente suspension du FN de Maxence Buttey, conseiller municipal de Noisy-le-Grand, converti à l’islam et critiqué pour fait de prosélytisme ?

Je ne rentrerai pas et je ne parlerai pas de la décision prise par le Front National. Cela ne m’intéresse pas et ne me regarde pas. Je parlerai plutôt du fond. Car là, il y a beaucoup de choses à dire.

Personnellement, je ne connais pas ce jeune homme de 22 ans. Il me semble néanmoins sérieux, travailleur, autonome et intelligent. Et en politique, ce sont des qualités qui deviennent rares.

Entrons dans le vif du sujet, et sans détour. Je ne peux que soutenir la démarche de ce jeune homme qui a fait le choix du Sacré et du spirituel, surtout à notre époque, dans une société qui prône l’argent, le matérialisme, l’individualisme et l’égoïsme. La société française est devenue marchande. Et plus généralement les sociétés occidentales avec elle. L’objet y est roi et le matérialisme est triomphant.

Ce qui me choque, c’est le prosélytisme de la haine, de la violence et de l’islamophobie. Ce qui me choque, ce n’est pas que ce jeune homme ai envoyé une vidéo à quelques personnes par un courrier électronique pour expliquer le sens de sa conversion, mais bien  cette véritable vindicte publique lancée contre Maxence Buttey depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux.

Une question toutefois se pose : si ce jeune homme ou un autre militant se serait converti au Christianisme, au Judaïsme, ou à une autre religion, et qu’il aurait par la suite envoyé une vidéo positive sur la religion qu’il a décidé d’adopter, est-ce que ce lynchage se serait produit ? Aurait-il été accusé de prosélytisme et suspendu de ses fonctions ? Je ne le crois pas !

Le problème est donc ailleurs…

Et puisque la laïcité devient la nouvelle mode politique, je vais avoir l’occasion de donner mon avis sur cette nouvelle religion politique car aujourd’hui tout le monde s’accorde à parler de la laïcité comme s’il s’agit d’une valeur absolue.

En réalité, c’est un peu comme tous ces responsables politiques qui viennent nous parler des valeurs républicaines, des valeurs démocratiques ou de valeurs de telle ou telle philosophie.

Je le dis sans détour, tout cela sonne creux et est vide de sens. Rien d’étonnant, nous sommes dans une société de consommation et par conséquent tout est dénaturé et superficiel.

Il s’agit dans leur esprit d’un nouveau dogme. Mais dont ils sont incapables de définir le moindre sens, le moindre ressenti. Tout est abstrait. Or, dans la vie, les choses se vivent quand elles sont authentiques.

Exprimons-le clairement : Oui, parlons de laïcité, mais dans ce cas définissons la dimension et le but politique. Et cette dimension que nous allons définir est en totale contradiction avec leur dogmatisme religieux laïciste. En fin de compte, la laïcité se doit d’assurer la liberté et la sécurité aux citoyens français de pratiquer leur religion dans la paix. Du point de vue des patriotes sociaux, la laïcité est un outil juridique qui doit garantir la liberté aux citoyens de pratiquer ou pas la religion de leur choix sans pour autant empiéter sur la liberté des autres. L’Etat comme les étables politiques ne doivent pas se préoccuper de l’aspect religieux et de la vie et il n’a pas à intervenir dans le domaine propre à la conscience de chaque individu.

La laïcité est devenue une nouvelle mode politique et même une nouvelle religion politique. Tout le monde s’accorde à parler de la laïcité comme s’il s’agit d’une valeur absolue. C’est un peu comme tous ces responsables politiques qui viennent sur les plateaux de télévision nous parler des valeurs républicaines, des valeurs démocratiques ou de valeurs de telle ou telle philosophie.

En réalité, tout cela sonne creux et est vide de sens. Ils sortent des mots comme ça, en l’air, dont le sens est totalement ridicule et sans consistance. A vrai dire il n’y a rien d’étonnant à cela, nous sommes dans une société de consommation où la pensée et la réflexion n’ont pas leur place. A partir de là, tout est dénaturé et superficiel. La laïcité est un terme dévoyé. Et dans l’esprit des professionnels de la politique, il s’agit d’un nouveau dogme. Pour autant, ils sont incapables de définir le moindre sens, le moindre ressenti. Tout est abstrait. Or, dans la vie, les choses se vivent quand elles sont authentiques.

Ce qui se passe actuellement en France est très grave. Il n’y a plus d’Etat : Etat qui doit garantir une sécurité à chacun, une liberté à chacun. Il y a au contraire à la tête de notre pays un grand conseil d’administration dirigé par des marionnettistes œuvrant pour les intérêts du grand capital, et instituant une idéologie consumériste, stigmatisante et violente, c’est-à-dire un néo-fascisme au gant de velours. Imaginez-vous cela : un Etat qui fait l’apologie d’une philosophie venant de l’autre côté de l’Atlantique, philosophie des OGM, philosophie de la sous-culture, philosophie de la dégénérescence, philosophie de la fausse gratuité, philosophie du chacun pour soi. Il n’y a plus d’Etat en France ! Il y a un conseil d’idéologues de la haine et de la destruction finale.

Revenons sur la laïcité… En effet la laïcité ce n’est pas le dogmatisme laïciste. Nous en avons fait la démonstration, nous ne sommes pas les ennemis de la spiritualité. Au contraire, nous sommes des hommes et des femmes de culture et de traditions différentes face à la médiocrité de la société de consommation, au règne de l’argent et de la spéculation, face à la haine et à la violence. Disons-le sans langue de bois : nous sommes clairement du côté des valeurs spirituelles qui élèvent l’humain vers quelque chose de noble et de sublime et nous pensons qu’il faut croire en un monde meilleur et renouer avec le sacré.

Pier Paolo Pasolini décrit dans ses « Ecrits corsaires » que « Les nouvelles valeurs de la consommation prévoient en effet le laïcisme, la tolérance et un hédonisme plus que déchaîné, capable de ridiculiser l’épargne, la prévoyance, la respectabilité, la pudeur, la retenue et, en somme, tous les vieux « bons sentiments »».

Le dogme laïciste est l’allié objectif de la société de consommation. D’ailleurs, ces extrémistes qui mettent en péril l’unité nationale et la tranquillité des gens, sont des adeptes, en règle générale, du choc des civilisations, pensée politique élaborée par les intellectuels néo-conservateurs américains.

Ces extrémistes n’ont que pour obsession de concentrer leur offensive en faveur d’une guerre à tout ce qui se rapproche de près ou de loin à la spiritualité, au beau et au Sacré. Il ne faut pas avoir peur de dénoncer ceux qui cherchent quasiment à imposer au monde un choc des civilisations qui s’inscrit dans une guerre des religions. Une telle vision doit nous faire prendre conscience des conséquences catastrophiques qu’une telle confrontation pourrait engendrer sur l’avenir de notre société et pour l’humanité. Le monde fait face à de nouvelles menaces : on cherche à le diviser selon le critère religieux ou ethnique, généralement entre les chrétiens et les musulmans. En décrypter : une guerre entre l’ « Occident » et le monde « Arabo-musulman ».

Les patriotes sociaux, les progressistes et les républicains, pour leur part, considèrent que le combat que nous menons doit réunir la foi, la spiritualité, et l’engagement politique, car nous pensons que sans la foi, sans la spiritualité, sans un idéal de vie, aucune œuvre ne peut-être bâtie solidement et perdurer dans le temps. Nous savons que les sociétés de consommation occidentales, consuméristes et athéistes, ne vénérant plus que le dieu « Argent » et son prophète « Confort », ne peuvent donner le bonheur aux hommes. L’argent ne peut pas combler le vide spirituel. Et c’est ce système qui est l’ennemi de la laïcité et des hommes libres.

En tant que patriotes et humanistes nous ne pouvons que combattre la haine, la violence et le racisme sous toutes leurs formes. Et la démonstration est faite que le Forum du Patriotisme Social a tout son rôle à jouer dans ce combat et faire émerger ce patriotisme de paix, de fraternité et de rassemblement face à l’intolérance.

Pour finir, comment se porte la vie à Marseille ?

Je profite des moments calmes pour penser, discuter, réfléchir, sur la politique, sur la vie, sur mes projets, sur le sens de l’existence, sur les choses insolites. Il faut bien avouer que les quartiers de notre Cité Phocéenne sont des sources d’inspirations pour l’esprit et pour l’âme. Il m’arrive de me rendre au bord de la Méditerranée pour aller pêcher, pour regarder le coucher du soleil. Je profite de ces moments calmes pour écrire parfois, pour prendre des photographies aussi.

Mais mes moments calmes c’est aussi la rigolade, les apéritifs, sous le soleil ou sous les étoiles. Puisqu’il fait très bon. C’est cela la vie : des petites choses, des petites nuances, qui nous font savourer pleinement les bons moments du quotidien.

Marseille est une ville reposante et d’une richesse culturelle incroyable. Il suffit de lever les yeux et de contempler les choses qui nous entourent. Je dois bien avouer que je me sens bien partout, là où je me promène. Il y a toujours des choses à découvrir ou à redécouvrir. Il y a des quartiers qui nous parlent et qui nous envoûtent.

Marseille est atypique du fait déjà de son accointance avec la mer qui ne cesse de nous porter vers le large, mais aussi de ressentir les moments de grands vents l’influence de la Méditerranée sur notre pays, cela n’est pas de la poésie, juste des ressentiments.

Il y a, il est vraie, une certaine forme d’anarchisme ici qui peut en faire fuir plus d’un mais à bien y regarder cela ressemble un peu à une ruche, si on comprends la mathématique de la diversité culturelle alors on voit qu’une organisation très naturelle et normale est à l’œuvre, peut-être que la Bonne Mère qui surplombe la Cité Phocéenne en est la reine, et cela fait sens, les marseillais dans leur ensemble aime leurs ville, mais encore plus leur pays, la France.

Marseille est aujourd’hui en pleine mutation. Il me semble qu’elle commence à prendre son rôle de capitale et d’ambassadrice de la Méditerranée, et il faut aller et travailler dans ce sens, tout reste à construire et les Marseillais le savent, ils veulent justes un peu plus de respect de la part du reste de l’Hexagone.

AUCUN COMMENTAIRE