Intervention d’Alexis Tsipras devant le parlement bruxellois

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Le Premier ministre grec, Aléxis Tsípras, s’est exprimé ce mercredi 8 juillet 2015 devant le Parlement européen à Strasbourg. Voici ses principales déclarations.

SUR LE RÉFÉRENDUM
«Le choix courageux du peuple grec, dans des conditions très difficiles, avec des banques fermées, avec une campagne médiatique exprimant que le non revenait à choisir l’affrontement avec l’Europe, la rupture avec l’Europe, ce choix n’était pas le choix de la rupture, mais celui du retour au principes fondateurs de l’Europe : la démocratie, la solidarité, le respect mutuel et l’égalité.»

SUR L’AUSTÉRITÉ
«Nous avons pris nos fonctions il y a cinq mois et demi. Mais les plans de sauvetage, eux, ont commencé il y a cinq ans et demi. J’assume pleinement la responsabilité des cinq mois et demi écoulés, mais nous avons le devoir de bien comprendre que la responsabilité de la situation actuelle ne trouve pas sa source dans les cinq mois et demi écoulés, mais dans les cinq années et demi qui précèdent.»

«Une chose est claire : le peuple grec a fait des efforts d’ajustement extrêmement forts ces dernières années – des efforts qui ont épuisé la résistence de la population grecque. Evidemment, la grece n’est pas seule dans ce cas : il y a d’autres pays qui se sont trouvés face à des difficultés, mais nulle part ces programmes n’ont été aussi durs et aussi long qu’ils l’ont été en Grèce.»

«On peut dire que mon pays, ces cinq dernières années, est devenu un champ d’expérimentation de l’austérité. Mais l’expérience échoué. Le chômage a explosé, la pauvreté a explosé. La marginalité, l’excluion sociale se sont développées, comme la dette publique d’ailleurs.»

SUR SES RÉFORMES
«Le fardeau devra être supporté par ceux qui peuvent le supporter, et qui ont, ces dernières années, été protégés, épargnés par les gvt, alors que le fardeau était supporté par les travailleurs, les retraités, tous ceux qui n’ont plus la possibilité de continuer à supporter ces fardeaux. Il faudra des politiques de redistribution pour les plus vulnérables, pour aller dans le sens d’une croissance durable. Ce que nous proposons, c’est un ensemble de réformes avec une juste répartition du fardeau. Notre premier objectif doit être de lutter contre le chômage et de renforcer les entreprises.»

«Je ne suis pas de ceux qui prétendent que tous les maux du pays sont à mettre sur le dos des vilains étrangers. Si la Grèce est dans cette situation, c’est parce que pendant des décennies, les divers gouvernements ont gouverné de façon cilentéliste, en soutenant la corruption, en jouant le jeu d’une collusion avec le pouvoir économique, sans contrôler la fraude fiscale des plus riches. D’après le crédit suisse, 56% des richesses nationales seraient dans les mains de 10% de la population grecque. Ces 10% sont restés épargnés.»

«Les programmes [d’austérité] n’ont pas remédié à cette situation. Au contraire, le mémorandum n’a pas amélioré le système de perception des impots, qui s’est effondré, malgré les efforts de certains fonctionnaires zélés mais intimidés par ailleurs. Aucune réforme n’a amélioré le fonctionnement de l’appareil de l’Etat. […] Nos réformes ont des objectifs différents. Nous voulons lutter contre le règne des oligarchies et des cartels. Contre la fraude et l’évasion fiscale. Nous voulons moderniser l’Etat. Ce sont des priorités. Et nous attendons l’accord de nos partenaires sur ces priorités.»

SUR LA DETTE
«Que les choses soient claires : les propositions du gouvernement grec ne visent pas à faire supporter cette charge par le contribuable européen. Les fonds qui ont été attribués à la grèce ne sont jamais arrivés au peuple grec. Ces fonds ont été affectés au sauvetage des banques grecques.»

«Ce qu’on a coutume d’appeler la crise grecque n’est que l’impuissance de la zone euro à trouver une solution définitive à une crise de l’endettement qui s’auto-alimente. En réalité, c’est un problème européen.»

SUR L’EUROPE
«L’Europe doit être démocratique, ou bien elle aura beaucoup de mal à survivre aux heures difficiles que nous traversons. Le gouvernement négocie avec ses partenaires pour obtenir que l’on confirme le respect des règles de l’Europe, mais aussi le respect plein et entier du choix démocratique du peuple.»

«L’histoire de l’Europe est une histoire de conflits, mais qui finissent par des compromis. C’est une histoire d’unité et de division. C’est la raison pour laquelle nous parlons de l’Union européenne. Ne la laissons pas se transformer en division de l’Europe.»

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