La déprime électorale

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VOTE RABELAIS

Tribune de Michel Bonelli

Les dernières élections départementales marquent l’enfoncement de notre système politique dans la déliquescence. Nous savions qu’en France la décentralisation politique n’existait pas, elle est une décentralisation de gestion créatrice de féodalité locale qui ne sont que les courroies de transmission du pouvoir toujours jacobin. Qui grâce à l’impuissance du gouvernement à réformer l’organisation territoriale du pays se double d’une désorganisation totale de l’état qui va peser lourdement sur nos finances et geler toutes les initiatives locales. C’est gribouille aux commandes et magouilles partout.

L’abstention importante réduisant le socle de légitimité des élus de dimanche à la portion congrue. Seule point positif de cette tentative de réforme et de charcutage du territoire: la parité homme-femme qui est inscrite dans la loi mais qui prendra du temps dans les faits, peu de femmes seront à la tête des départements et nous verrons combien seront vice-présidentes.

De plus dans la couverture médiatique de la campagne, c’est la prime à l’expression masculine, soyez belles sur les affiches et taisez-vous, nous connaissons la rengaine. Mais il faut espérer que durant la mandature les choses commenceront à évoluer vraiment. Enfin, nous souhaitons vraiment que nos élus nous ressemblent un peu et puissent connaître au mieux notre quotidien pour apporter quelques solutions aux difficultés d’un quotidien toujours plus dur à vivre.

Et là le bas blesse dans le domaine de la diversité. Si nous prenons l’exemple de Marseille qui est hautement symbolique, c’est un fiasco. Encore une fois l’assemblée départementale ne ressemblera pas au peuple de son département.

Malgré l’engagement de plus en plus massif des enfants issus de l’immigration en politique, il est dur pour eux de se faire une place au plus au niveau et d’arriver à être élu. N’oublions pas non plus le grand nombre de personnes qui à Marseille ne sont pas inscrits sur les listes électorales, un total inconnu mais qui doit approcher plus de 20% des personnes en âge de voter, un record dont on se passerai. A cela s’ajoute la non-représentation des étrangers qui avec une immigration légale ou clandestine qui explose devient préoccupante.

Vu aussi le peu d’adhérent dans les formations politiques nous avons des élections pour une frange de la population qui va élire des responsables souvent inconnus du plus grand nombre, nous sommes dans une véritable panne civique qui frappe le fonctionnement de notre démocratie locale.

Loi inachevée, avenir de la collectivité départementale incertaine, métropole qui captera une partie des pouvoirs départementaux dés 2016, absence de motivation pour aller voter de nos concitoyens, enjeu national qui a relégué les vrais problèmes locaux en arrière plan, autant de paramètres négatifs qui plombent ce scrutin.

A part la rengaine que nous serine tous les politiques sur la montée du Front National c’est le degré zéro de la politique.

Une honte républicaine, une dépense d’argent de nos impôts pour rien, un discrédit de plus pour une classe politique qui a perdu tout crédit pour nous gouverner et qui est vécu par nos concitoyens comme une caste de privilégié dont la seule préoccupation et la garde de leur siège le plus longtemps possible. Fin de ce dénie de représentation dimanche soir.

De nombreux départements devront basculer de la gauche Hollande, Valls, Macron vers la droite Sarkozy, Fillon, Juppé et un ou deux territoires maudits devront tomber dans l’escarcelle des Thénardiers Le Pen… pauvre France, le temps de la fête de la Fédération est bien loin. A quand le retour de vraies libertés locales au vrai peuple ?

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